La vague de froid envahis le pays ... Alors que France Météo et la préfecture appellent à la prudence, et notamment, à ne pas sortir après 21h00, nous voilà partis pour la désormais mythique et incontournable salle résolument underground du Lyon’s Hall.
Ce soir, rien que du brutal … pour notre plus grand plaisir, servi de main de maitre par nos amies LES FEMALES …
La température tombe à l’extérieur, mais ça ne nous empêche pas de nous approcher du bar, comme les autres velus, afin de communier autour du breuvage blond, frais et gazeux, profondément indissociable d’une soirée à sonorités musclées … Le concert débute en retard, mais qu’importe, comme l’avait bien compris le renard de Saint Exupery, on se prépare, on frémit d’impatience, on goute au plaisir de l’attente …
Autour de 20h30, ABRUPT entre en scène; cette french formation compte un membre éminent de SEDATIVE (groupe brutal que j’affectionne particulièrement) en la personne de VinZ, à la mitra-basse à 5 cordes. Jé, à la 6 cordes, nous viens de Whisper-X (grouicophile aussi). L’esprit frappeur est quant à lui incarné par Kévin, membre de « The Seven Gates », une formation fondue dans un Métal plus lourd, moins grind.
D’abord, lourds, les morceaux accélèrent pour renouer avec le caractère grind du groupe … On en prend plein les oreilles, et du gros ! Si le public est un peu froid, c’est d’abord à cause de la température … Mais doucement, les tètes bougent, les cheveux volent … VinZ exhorte les participants à s’approcher, car comme à chaque fois, cette petite salle intimide tant on ne peut pas passer inaperçu …
Seule ombre au tableau, on ne voit pas Jé, faute de lumière adaptée, ce qui efface un peu sont jeu et nuit (sans jeu de mot) carrément à sa présence : seules les oreilles garderont son souvenir.
Après une prestation sans faute de 25-30 minutes où les doigts de VinZ sont en limite de température tant il voyage a très grande vitesse sur le manche, ABRUPT cède la place, afin qu’on prépare la scène pour NATRON, formation Italienne, initialement programmée pour la tète d’affiche, et qui tourne en ce moment avec MUMAKIL, 3eme groupe de la soirée …
A noter, c'était le premier live de ce groupe à qui je souhaite un très bon vent !!!!
NATRON
Une nouvelle rasade blonde pour ponctuer la soirée … C’est sûr, ça ne réchauffe pas les mains, mais ça libère les mouvements ! C’est alors qu’arrivent nos Italiens, le bassiste, comme son prédécesseur, se place sur la droite de la scène, et bénéficie ainsi d’un très bon éclairage. On ne peut d’ailleurs pas le louper : c’est un géant avec une tète d’enfant, des dreds, le crâne rasé sur les cotés, un look mi-punk, mi-rasta, full grind ! Le chanteur, un petit modèle, une tète de tueur ne respire pas la gentillesse, et dès les premier grognements, ça envoie du TRES LOURD !!!! Ces gars là dépotent vraiment !
Aller, une petite citation qui m’a plue : « This is not a love song … Somebody did it before. »
La voix de Nicola, le hurleur, est résolument inversement proportionnelle à sa taille. Alyosha, joue constamment de sa basse à la verticale, c’est peut-être un détail pour vous … Malheureusement, comme pour ABRUPT, on ne distingue que très peu Domenico, grateux du groupe, que par bonheur, on entend très bien. If you guys, read this, thanks a lot for the show !!! Bon show, gros gros son, carré, bien enmené, bien velu à Lyon et revenez quand vous voulez
Les barbus de la fosse sont d’ailleurs montés d’un cran … Ca bouge dans la fosse, ça se rentre dedans … Nicola se paye le luxe d’un slam dans la toute petite salle du Lyon’s Hall.
En tout, NATRON aura joué environ 45 minutes, ce qui, pour le genre, représente une discographie importante (c’est jamais très long un morceau grind en principe …)
De stature très imposante, Tom, très charismatique beugleur petit Suisse enlève le public avec une facilité déconcertante. La verve facile, le sourire accroché aux oreilles (pas toujours, faut pas déconner) , on sent la maitrise totale de la scène, et le plaisir de se produire.
Ce groupe que je ne connaissais pas (grave erreur) est à écouter absolument, et surtout, à voir ! Bonne ambiance, bon enfant, de brutalité à violence, on navigue dans un univers musical grind-hardcore, avec des morceaux d’une minute ou moins, mais d’une intensité rare. Savoureux, les morceaux avec des titres comme « Viande » s’enchainent sans lasser.
Les brutasses du bord de scène (non, pas le fleuve) se déchainent cette fois sans retenue et s’entrechoquent, se molestent dans la joyeuseté et l’allégresse !! Belle fête que ces Helvètes nous livrent !
Je ne résiste pas : voici quelques petites phrases ou citations connes (ou simplement rigolotes) de Tom qui ne feront sourire que ceux qui y étaient « Il fait pas bien chaud chez vous « , « Allez, une petite chanson pour les alcolos … non, d’abord l’autre », « Bonne année », et enfin « Le cochon c'est la vie, enfin, pour ceux qui aiment évidement». Tout est dans la voix, l’art et la manière.
Encore une bonne soirée avec un GRIND de folie que savent nous préparer LES FEMALES ; merci à ABRUPT, NATRONet MUMAKIL… Moi, j’ai bien head bangué et rigolé !