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Interview de Last Prey
Interview de Last Prey
Avec leur premier EP, les lillois de
Last Prey ont fait très fort. Le mélange néo, hardcore et thrash, teinté d'un furieux groove en fait un groupe très prometteur. Quelques mois après la sortie de ce premier effort, les gars de
Last Prey se sont prêtés au petit jeu questions-réponses, rien que pour Metalship...
Metalship : Les débuts de Last Prey sont un peu confus... Pourriez-vous retracer en quelques lignes le parcours de Last Prey depuis sa création ? Sam (Guitare): Fraîchement débarqué sur Lille, je cherchais un groupe de potes pour monter un groupe sérieux après plusieurs tentatives infructueuses. J'ai répondu à une annonce et le feeling est passé direct entre nous tous. Personne ne se prenait la tête, et ça n'a pas changé!
Rémy (Basse): Je suis arrivé dans le groupe en Septembre 2007: ils étaient à la recherche d'un nouveau bassiste suite au départ de l'ancien. J'ai tout de suite accroché au style du groupe! Je suppose que mon groove leur a également plu puisque je suis encore là aujourd'hui!
Tony (Guitare): Seul M-J et moi nous connaissions d'avant. Notre ancien groupe a splitté, mais on voulait continuer à jouer ensemble. On a donc recruté Sam et Seb à la basse puis Max, le frère de M-J, qui cherchait un groupe également. En Septembre 2007, Seb nous quitte et Rémy devint la nouvelle salade dans notre sandwich.
Metalship : Pourquoi un tel patronyme (Last Prey signifiant dernière proie) ? Rémy : Tout simplement parce que l'on est l'un des rares groupes à oser faire du néo ces temps-ci. C'est vrai quoi, on est très peu nombreux à laisser transparaître cette influence en ce moment !
Sam : Oui, on aime le néo, et n'en déplaise à certains qui ne jurent que par le death ou autre, on est fier de nos influences ! C'est trop facile d'en écouter et après dire « oui c'est de la merde vive
Napalm Death »! On est fan du Metal en général et je pense que l'ouverture de chacun des membres de
Last Prey lui donne sa propre touche.
Tony : Il y a 3 sens à ce nom. Le premier a été donné par Rémy. Le deuxième est un jeu de mot avec « last pray », la dernière prière. Ça rejoint le troisième sens: la dernière proie, c'est l'homme. On se tue à petit feu en détruisant notre planète et ses ressources. On se croit invincible et supérieur mais on est rien en fin de compte, on est juste une proie.
Metalship : D'après votre EP, vous avez un paquet d'influences... Pourriez-vous nous éclaircir sur vos goûts et inspirations ?
Sam : J'ai autant de CD de
Metallica que de
Slipknot,
Pantera,
Gojira,
Sepultura,
Korn et
System of a Down,
Napalm Death,
Deftones,
Soulfly ou encore
In Flames. Tous ces groupes sonnent différemment et pourtant je les aime tous!
Tony : « Freak On Leash » de
Korn, le premier morceau de métal que j'ai écouté. Depuis, je suis un gros gros fan. Pour moi le meilleur reste le néo fin 90's-début 2000:
Korn,
Deftones, Limp
Bizkit, POD,
Slipknot,
System of a Down et
Watcha,
Pleymo,
Tripod pour les français.
Max (Chant): J'ai baigné dans du
Slayer,
Slipknot,
Meshuggah,
Terror,
Hatebreed, Kaizen... Pas mal de death core et de thrash, venant même à blâmer le néo. Puis avec le temps, je suis sorti de ce délire, trop sérieux à mon goût. J'écoute pas mal (Hed)P.E. Mon maître à penser et à chanter reste Zach de la Rocha (RATM).
Rémy : Perso, j'écoute pas mal de groupe qui ont des lignes de basse funky comme Jamiroquai, les Red Hot... Mais aussi pas mal de
Metallica,
Gojira, QOSTA,
Muse...
MJ (Batterie): Pour ma part ce serait
Killswitch Engage ou D'EspairsRay.
Metalship : Last Prey EP semble être un joyeux mélange de styles divers comme le néo, le thrash ou encore le hardcore. Comment définiriez-vous votre musique ?
Sam : Ça ne ferait que mettre une étiquette de plus ! On peut nous cataloguer néo, ça n'en n’est pas vraiment. Du thrash? Il y a des influences certaines mais sans plus. Du hardcore? Un peu également… Je pense que le plus simple c'est de dire qu'on fait du néo thrash hardcore.
Tony : Pas mieux! Notre petit plus par rapport à la scène actuelle est qu'on garde des riffs vraiment mélodiques entourés de passages plus énervés, mais sans tomber dans l'excès. On a cet esprit néo qu'on ne retrouve plus beaucoup en ce moment. Bref, on évite de tomber dans la surenchère.
Metalship : Après quelques mois, comment voyez-vous cet EP? Etes-vous pleinement satisfaits, ou, avec le recul, quelques petits détails l'auraient rendu meilleur ?
Sam : Je crois que des monstres du metal comme
Metallica même eux trouvent des défauts sur leur disque! Bien sûr, on aurait aimé faire ci ou ça après coup! Mais dans l'ensemble nous en sommes très fiers! On ne voulait pas sortir un EP pour dire « Voilà, on a un EP »! On a voulu faire ça entouré de pro. Pour des jeunes groupes, la crédibilité est importante, le groupe a de l’ambition et s'en donne les moyens.
Tony : Cinq jours d'enregistrement, c'est très court. Je pense qu'on ne ferait pas la même chose maintenant. On évolue en permanence.
Max : Mon flow, depuis l'enregistrement, a pas mal évolué, tout comme mon accent anglais...
Metalship : L'enregistrement s'est-il passé comme prévu ?
Sam : Oui, on s'est bien poilé! Et puis c'était aussi la première fois que les cinq membres du groupe vivaient ensemble, on est comme un vieux couple à cinq maintenant! On a énormément appris en enregistrement, c'est bien plus complexe que ça n'y parait!
Tony : À part la tête de Sam qui a explosé le premier jour, ouais. On était parti sur un cinq titres, mais au final, pris par le temps, on a préféré en faire quatre vraiment solides et bien travaillés que cinq bâclés.
Metalship : Parlez-nous de la chanson "Human & Moroïd". Pourquoi un tel nom au sens si déroutant ?
Max : Les « moroïds » sont un petit peuple issu de mon imagination. Comme les Minimoys, mais en beaucoup plus grands et bien plus méchants! Le titre raconte l'histoire d'un pauvre gars qui, assit dans la rue, regarde défiler des centaines de « moroïds » qui ont envahit son monde, et qui planifie sa terrible vengeance. « Human & Moroïd" exprime non-explicitement le fait que ça me fait mal et en même temps chier de voir ce que l'Homme fait de sa planète.
Metalship : D'une manière générale, quels sont les thèmes abordés sur cet EP?
Sam : En général, c'est Max qui écrit les textes et les titres des chansons. Il aime bien prendre à contre-pied les clichés du Metal en général au niveau des textes.
Max : Travaillant dans l'écologie, une partie de mon job’ consiste à sensibiliser à l'environnement et la plupart de mes textes sont portés sur la sauvegarde de la biodiversité.
J'aimerais en parler sans tomber dans le phénomène actuel qui consiste à profiter de l'essor de l'écologie et du réchauffement climatique afin de se faire du pognon. Je ne gagne pas 1 euro à chanter ça et j'aimerais expliquer aux ignorants que l'environnement ce n'est pas un yaourt bio devant un pubis à la télévision, des énergies "bio" à l'huile de palme ou encore simplement le fait d'éteindre la lumière en sortant de chez soi. Je côtoie des gens qui passent leurs week-end, bottes aux pieds, dans la boue à essayer de restaurer des milieux menacés (et touchant à peine le smic), ou d’autres qui sacrifient leur vie "bien au chaud" afin de sauver ce qu'il reste de la biodiversité.
Je prends énormément de recul face à mes chansons et il m'arrive de me moquer de certains clichés du metal comme les gros gaillards vêtus de noir et bardés de piercings, ceux qui se forcent à être méchant alors qu'on voit très bien qu'ils sont doux comme des agneaux, les pessimistes apocalyptico-dramatiques qui ne cessent de voir la vie en noir... Trop de gens oublient le coté rock’n’roll qui est à la base ce qu'on appel aujourd'hui "le Metal".
Metalship : Quels sont les projets de Last Prey ? Avez-vous des dates programmées ? Sam : Oui, nous avons des concerts prévus dans la région mais nous cherchons à aller plus loin, découvrir de nouveaux lieux et de nouveaux fans de metal qui ne nous connaissent pas encore!
Tony: Comme le dit Sam, on cherche à sortir du Nord-Pas de Calais pour aller voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Pour le moment, on a quelques projets en Lorraine et dans les Ardennes mais on cherche toujours! Toutes les dates sont sur Myspace et d'autres viendront s'y ajouter en cours d'année.
Metalship : Comment voyez-vous la scène Metal française en cette fin 2009 ?
M-J : Il n’y a aucune médiatisation. Ça joue fort alors le metal n'a pas le droit à sa place dans les médias. Heureusement qu'il y a des radios internet ou encore Youtube et Deezer pour faire la connaissance de nouveaux groupes.
Après pour ce qui est des magazines, je n’en n’achète pas donc demandez à quelqu'un d'autre.
En tout cas respect à ceux qui ont réussi à se faire repérer comme
Dagoba ou
Gojira, des pointures qui ont le droit qu'on parle plus d'eux.
Sam : Elle subit mais elle est toujours là! En France, nous sommes inexistants pour les majors, et bien faisons sans eux! Quand on voit que
Gojira a fait une tournée aux USA en tête d'affiche... Le metal est l'avenir en France de l'underground! Il y a toujours eu une culture très rock mais ces dernières années avec les pseudos groupes r’n’b et electro, les jeunes ont perdu la notion de musique. Heureusement, beaucoup se rendent compte qu'une fois l'effet de mode passé, il n'y a rien derrière...
Tony: C'est une ambiance particulière, on se tire beaucoup dans les pattes... Dès qu'un événement est organisé, il y a toujours des jaloux ou des rageux pour cracher dessus. Dans le nord en tout cas, c'est souvent à celui qui aura la plus grosse ... Dernière anecdote en date: le tremplin du East/West Fest (tremplin qui a lieu chaque année à Lille avec à la clé une participation au East West Fest). Tout le monde salue l'initiative, plus de 100 groupes participent mais à l'annonce des résultats, on crache sur l'organisation et on parle de "mafia lilloise" dans le metal... Je comprends que certains arrêtent…
Max : C'est à celui qui aura l'air le plus méchant!!!
Metalship : Je vous laisse conclure en vous souhaitant le meilleur.
Sam: Venez nous voir à nos concerts, toujours plus nombreux, ne vous arrêtez pas aux clichés, aux préjugés sur qui que ce soit, restez vous-mêmes et surtout restez METAL!!!
Tony: Merci d'avoir consacré du temps à écouter le groupe. Je tiens à remercier également tous ceux qui nous suivent régulièrement en concert et ceux qui nous envoient des commentaires ou des mails de soutien. Vraiment ça nous touche!
ajouté par kumelia, le 24 novembre 2009 pour Metalship
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