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Interview de JC Jess
Interview de JC Jess
JC Jess, c'est une vision du heavy metal au sens large, et qui forcément fait plaiz' aux cages à miel. Le discours est accrocheur, fait avec manière et surtout, avec conviction. Son dernier opus en date,
Wake Of The Dead, n'est pas simplement un prétexte pour parcourir les salles de concerts, c'est également un bon coup de pied aux fesses pour les amoureux du genre. Aussi, il était plus que naturel de donner la parole à
Jean Christophe Lefèvre, chanteur et guitariste de la formation, qui s'est volontiers prêté au jeu des questions-réponses.
Metalship : JC, Wake Of The Dead est déjà ton deuxième album. Comment le juges-tu, avec du recul ? JC : Avec le recul je commence à l'apprécier. Je me suis vraiment fait plaisir sur ce disque, mais quand tu passes plusieurs mois dessus (surtout que j'y ai encore une fois tout fait) et que tu recommences le mix 50 fois avant d'être satisfait, tu n'as plus vraiment une oreille objective dessus.
J'ai développé toutes mes influences et un peu de mon univers, du coup c'est un album très personnel et je me reconnais tout à fait dedans. Pour résumer, énorme satisfaction.
Metalship : A t'entendre, on pourrait penser que tu es passé par une phase de "rejet". Pourtant, quand on écoute ce disque, ce qui frappe tout de suite, c'est une approche très rock'n'roll et aucunement prise de tête !
Oui c'est exactement ça au niveau de la musique, de la composition, j'ai fait ça d'une manière spontanée et sans prise de tête. On ne peut pas parler de "rejet" mais plutôt d'insatisfaction. C'est plus d'un point de vue technique car quand on a la tête dans le guidon on ne voit que les défauts, et à force d'entendre 50 fois par jour les morceaux, on ne ressent plus vraiment la musique.
Metalship : D'ailleurs, tu as encore une fois eu un rôle non négligeable vu que tu as enregistré dans ton propre studio. Est-ce que ça te met automatiquement la pression ou cela t'ôte-t-il au contraire un poids ?

Eh bien c'est un peu les deux. C'est une charge de travail énorme mais d'un autre côté tu as le contrôle absolu de ce que tu veux faire. J'ai pu donner exactement le son que je voulais et de plus on peut revenir autant de fois qu'on veut sur les parties et arrangements sans contraintes de temps ou de budget.
Metalship : Mais cela ne peut pas te conduire sur de mauvaises pistes à force de tout chapeauter ? Y a-t-il quelqu'un pour apporter le fameux "regard extérieur" ?
Eh ben c'est une question qu'on me pose souvent ! J'espère que je ne m'aventure pas sur de mauvaises pistes, j'ose croire que si des gens viennent enregistrer chez moi c'est qu'ils aiment mon travail et que je peux faire confiance à mon oreille.
Concernant la musique là encore mon boulot me permet d'être en contact avec beaucoup de styles différents et j'espère que mon expérience et mes efforts pour faire des titres variés suffisent à ne pas m'enfermer. C'était aussi une originalité, avoir toutes les parties faites par un même musicien, ça donne une couleur inédite (enfin j'espère, les mauvaises langues pourraient me dire "une absence de couleur").
Ceci dit à l'ère de la programmation, quantification et recalages sur les disques de métal d'aujourd'hui, je ne suis même plus sûr que les gens s'attachent à l'interprétation et au feeling des enregistrements.
Metalship : On dirait que tu es un peu nostalgique des anciennes techniques, ou plutôt, de l'approche qu'avaient alors les personnes avec la musique.
Oui un peu ! en fait beaucoup.

Les nouvelles technologies nous permettent de faire des albums toujours plus gros, mieux, vite et parfaits, mais c'est au détriment de l'émotion à mon avis. Heureusement il ne faut pas généraliser mais c'est une tendance que j'ai vu se développer. Je me suis particulièrement attaché à ça dans mes enregistrements.
Metalship : Justement, en écoutant Wake Of The Dead, je me suis dit que tu étais un fan de musique et que mêler un style moderne avec un plus traditionnel ne te semblait pas incongru. C'est l'objectif que je me suis donné dès le départ avec mes albums de
JC Jess. J'essaie de marier le heavy à riff avec un métal plus moderne et varié.
Metalship : C'est plutôt réussi. On a l'impression de passer d'un heavy bien gras à la Zakk Wylde à du Dyslesia. C'est assez surprenant. Merci beaucoup ! J'espère que ça surprendra dans le bon sens ! J'ai beaucoup de gens qui me disent qu'ils aiment certaines chansons mais pas d'autres, c'est ça de vouloir varier. En même temps si tu ne varies pas on te reproches de faire tout le temps la même chose.
Peut-être que le disque s'adresse plus aux fans de musique et de metal comme moi qu'aux puristes d'un style particulier ?
Metalship : Quelles sont tes influences et tes derniers coups de coeur à ce sujet ?
Mes influences sont assez larges mais tournent toutes autour du metal. J'adore le heavy à la
Black Label Society mais aussi
Gamma Ray,
Iron Maiden, le thrash à la
Overkill ou
Pantera, j'ai eu mes périodes de coup de coeur pour le heavy à dragon et le black metal vampirique dans mon adolescence, et comme tout le monde j'aime les
Guns N'Roses,
AC/DC et
Metallica.
Mes derniers coups de coeurs ont étés les deux derniers albums de
Scorpions et
Saxon (des vieux groupes qui refont du heavy à riff moderne) et la découverte de
Jorn Lande avec Ark,
Masterplan et en solo. Bien sûr comme tous les gratteux je me suis aussi fait défoncer le cul par
Romeo, Malmsteen et tous ces gros guitaristes.
Ah oui et j'ai adoré l'avant dernier
Primal Fear,
New Religion
Metalship : Et le titre de l'album semble renvoyer directement à l'oeuvre de Georges Romero. Les autres arts t'inspirent-ils également ?

Oui j'adore les films d'horreur et les films en général. Mais pour l'inspiration, elle vient plus du vécu et des observations.
Metalship : Wake Of The Dead était prévu à l'origine pour l'automne 2008. J'imagine que ton intégration au sein de Nightmare en a retardé la sortie ? Eh bien en fait non pas exactement. Ce sont plus des problèmes financiers et techniques. On a galéré avec le pressage et au moment où on l'a eu, je n'avais plus de tunes et je devais vendre la maison. J'ai dû attendre de déménager pour commencer la promo de l'album, car tout est fait en autoprod avec l'asso Jcjess prod.
Metalship : Ah oui, c'était la galère financière...
Tu t'en es remis depuis ? Je comprendrais que tu ne veuilles pas répondre à cette question.
Non non pas de soucis ça me dérange pas c'est à toi de voir, moi j'essaie d'être le plus honnête possible et de ne pas cacher les difficultés des musiciens ; les gens pensent que c'est facile de sortir un album et que les musiciens sont tous riches ! (rires)
Metalship : Comment s'est passée ton intégration au sein de Nightmare ? Super bien, en fait j'avais déjà fait le musicien de session deux fois pour eux. On s'est tout de suite entendus et marrés ! ça s'est fait naturellement, un peu comme si tout était prévu depuis le départ et qu'on ne pouvait pas échapper au fait de se rencontrer et bosser ensemble.
Metalship : Tu as joué live et je crois savoir que le groupe enregistre un nouvel opus. Prends-tu part à la composition ?
Oui bien sûr, on est en plein studio en ce moment.

On a déjà fait les grattes, la basse et la batterie. Jo (ndr :
Jo Amore, chanteur du groupe) commence le chant demain et l'album devrait sortir le 25 décembre.
Cela dit, vu qu'on est tous à distance, c'est compliqué et on s'est beaucoup appuyé sur des riffs que Frank (ndr :
Frank Milleliri, guitare) avait en stock et inutilisés pour le groupe.
Metalship : Doit-on s'attendre à la suite logique de Genetic Disorder ? Oui tout à fait, on reste sur une orientation heavy/power thrash moderne et mélodique (enfin je crois, c'est la définition que je m'en fais) ! (rires)
Metalship : Que représente Nightmare pour toi ? Pour moi c'était le plus gros groupe de heavy français que j'ai pu aller voir 2 / 3 fois en concert et que j'apprécie. Malheureusement ils n'ont jamais eu sur disque, à mon avis, la production qui aurait permis de concurrencer les pointures de l'époque avant le Genetic. Une chose est remarquable, c'est la diversité des albums. Pas un ne se ressemble et l'évolution est constante.
Metalship : Malgré ton activité avec le groupe, tu as déjà commencé à coucher des idées pour ton prochain album solo ?
Oui même si ça n'en sera plus vraiment un car mes musiciens se sont mis à composer et on va faire un album tous ensemble. ça sera plus le travail d'un groupe et ça ne sera pas plus mal car ça va nous permettre de renouveler le style de
JC Jess. On a déjà 4 morceaux et on devrait attaquer ça plus sérieusement cet été.
Metalship : On sera là à sa sortie ! L'interview va toucher à sa fin. Tu souhaites rajouter quelques mots pour les lecteurs de Metalship ?

Super ça fait plaisir, on va vous faire un truc de OUF qui va encore tout déchirer ! On espère avoir un maximum de monde aux concerts où on est vraiment à notre aise et où la musique de
JC Jess prend toute son ampleur. Venez nous voir et boire des coups avec nous, c'est pour ça qu'on fait ce métier (enfin qu'on essaie).
Je peux remercier tous les gens qui nous soutiennent et sans lesquels on est et on ne fait rien.
ça nous pousse à aller toujours plus loin et à nous investir toujours plus pour vous offrir le meilleur de nous même !
Metalship : Un grand merci à Jean Christophe pour sa patience et sa gentillesse.
Interview réalisée par msn le 13 mai 2009.
ajouté par Elric des Dragons, le 5 mai 2009 pour Metalship
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