Que dire d'autre ? Ah ! Un des pères fondateur du genre...
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Deep Purple... Un nom du rock, pas seulement du hard rock et une histoire tourmentée... Le groupe est né à Birmingham en 1968 autour de Ritchie Blackmore (guitare), Jon Lord (orgue Hammond, claviers...), Ian Paice (batterie), Rod Evans (chant) et Nick Simper (basse) et enregistrera rapidement un premier album,
Shade Of Deep Purple, dans la foulée. Un album qui est loin de poser les bases d'un style, vu qu'il s'agit d'un album mêlant reprises et compositions originales qui avançaient dans un rock psyché. Le groupe joue encore Hush aujourd'hui. Toujours en 1968, le groupe accouche de
The Book Of Taliesyn, puis d'un album éponyme l'année suivante. Le groupe n'est pas encore à même de révolutionner le monde du rock et Jon Lord, dans ses délires classiques, à imaginer le
Concerto For Group And Orchestra qui ne connaitra pas le retentissement attendu. Nick Simper et Rod Evans sont limogés. Ouf, je n'avais pas le place pour les mettre dans les ex-membres !
Ian Gillan remplace Evans au chant tandis que
Roger Glover prend place derrière la basse. Le groupe entre en studio avec pour mot d'ordre de faire quelque chose de fort. Blackmore ne voulait rien qui ne soit pas puissant ou émouvant sur ce disque et
In Rock voit le jour. Awahou. OK, je sais, ça ne le fait pas ce terme dans un historique, mais comment ne pas juger autrement ce disque ? Deep Purple, en 1970, va plus loin que Led Zeppelin dans la force, la vélocité et oui, une certaine brutalité. A sa sortie, on ce disque dut même passer pour bruitiste. Production énorme, guitare enfiévrée qui cavale dans tous les sens, doublée par un orgue Hammond au son criard, section rythmique carrée et puissante, un groupe qui en plus joue fort et qui pousse son chanteur à partager son temps entre chant et cris stridents. Speed King, Child In Time resteront des intemporels du hard rock. Point barre.
Fireball, en 1971, ne réitèrera pas l'exploit. L'album se veut plus varié, mais il ne bénéficie pas de l'effet de surprise et se montrera en définitive moins inoubliable, ce qui n'est assurément pas le cas de
Machine Head paru en 72. Avec une prod plus lisse, Deep Purple se paye le luxe de sortir un disque ne contenant quasiment que des tubes en puissance, de Highway Star à Pictures Of Home en passant par le légendaire Smoke On The Water et SON riff, celui sur lequel tous les guitaristes novices se cassent les dents, un riff qui a failli se retrouver à la poubelle car jugé trop banal par Blackmore. Dans la foulée, le groupe enregistre un album live au Japon, inaugurant une sacrée série de concerts captés au Pays du Soleil Levant,
Made In Japan. Mais déjà les tensions apparaissent et le groupe s'entre-déchire, ce qui donnera
Who Do We Think We Are en 1973, sur lequel le groupe règle ses comptes et sans réel génie qui plus est. Triste fin pour le Mark II puisque Gillan est viré, suivi de peu par Roger Glover.
Le groupe recrute alors un illustre inconnu au chant,
David Coverdale, un féru de blues qui était loin à cette époque d'avoir un physique de playboy (juste pour casser la légende). Le coup osé, c'est la venue du bassiste Glenn Hughes, du groupe
Trapeze (dans lequel officia également Dave-j'ai-de-sérieux-problèmes-Holland qui rejoindra par la suite
Judas Priest), un bassiste séduit par la soul et le funk. Pari osé pour Blackmore et co, mais
Burn, en 1974, calme tout le monde : l'album se pose comme un classique instantané du groupe, très varié et riche en influence, avec en point d'orgue (!) la somptueuse ballade Mistreaded qu'aussi bien Blackmore et Coverdale reprendront avec leurs groupes dans le futur. Coverdale se retrouve fréquemment secondé par Glenn Hughes au chant et cela prendra vraiment corps fin 1974 sur
Stormbringer, qui aura moins bonne presse malgré de nombreuses qualités. Mais la guitare de Blackmore y est lisse, l'ambiance est nettement plus funkie. Après la tournée de 1975, excédé de perdre son influence sur le groupe (c'est Ritchie, quoi...), Blackmore claque la porte et part fonder
Rainbow avec un certain
Ronnie James Dio au chant. Un ultime disque live paraîtra en 1976 avec l'homme en noir à la guitare,
Made In Europe, mais sans le génie de
Made In Japan. Entretemps, le groupe s'offre les services de
Tommy Bolin, ami proche de Glenn Hughes, passionné de soul lui aussi et tout aussi toxico. C'est un Deep Purple étonnant qui accouchera du
Come Taste The Band (1975), un disque décrié alors par la presse mais qui a ses charmes, dans un style encore plus fou que Stormbringer, une belle réussite, mais trop loin de ce que le public attend de Deep Purple. La tournée qui suit est difficile, entre Coverdale qui saute sur tout ce qui porte une jupe (même ta grand mère, disait en souriant Lord) et un Tommy Bolin qui se perd dans les drogues. Le groupe split. Bolin meurt en décembre 1976. Inutile de préciser les causes...
Chacun vaquait à ses occupations : Ian Gillan passait son temps avec le
Ian Gillan Band puis en 1983, avec
Black Sabbath, Roger Glover produisait des disques et jouait avec... Rainbow, Jon Lord et Ian Paice ont passé un temps avec le
Whitesnake de Coverdale, Paice jouera également avec
Gary Moore et contre toute attente, le Mark II, le mythique, celui de In Rock, se reforme en 1984. Etonnant. L'album
Perfect Strangers est plutôt sympathique, mais très symptomatique des années 80 : batterie se contentant du minimum, loin des frasques des '70, son qui ne permet pas à tous les instruments de s'exprimer pleinement. Gillan ne crie plus autant, il a perdu de sa capacité vocale. Mais il y a une classe dans la composition qui permet à l'album de s'illustrer, contrairement au fadasse
House Of Blue Light qui verra un nouveau départ de Ian Gillan, remplacé par...
Joe Lynn Turner, dernier vocaliste en date de Rainbow à cette époque (pas de place pour lui dans les anciens membres, mais il n'a fait qu'un disque, pas trop grave !). Du coup, il n'est pas étonnant que
Slaves And Masters sonne comme du Rainbow, mais un Rainbow sans la classe qui va avec. Suite à différentes pressions, Blackmore accepte le retour de Ian Gillan et c'est dans une ambiance de fous que le groupe accouche dans la douleur de
The Battle Rages On, loin de déchaîner les foules. La tournée qui suit est un cauchemar puis dans un mouvement de colère qui lui est propre, Blackmore plaque le groupe pour reformer Rainbow (mais sans Turner, je sais, c'est compliqué). Pour dépanner, Joe Satriani assure la fin de la tournée sans vouloir s'impliquer plus. On passera sur l'album live
Come Hell Or High Water pour s'intéresser à l'arrivée de l'ex
Dixie Dregs] [[Steve Morse qui enregistrera son premier album de hard rock avec
Purpendicular en 1996. Et là, là... On tient le meilleur album de Deep Purple depuis longtemps, trop longtemps, depuis Come Taste The Band peut-être. Un album fou, qui part dans tous les sens en délires rock hard jazz fusion, avec une batterie qui retrouve sa superbe, un groupe heureux de jouer, libérer d'un poids (mouillé, Blackmore ça doit faire 75 kilos).
Mais le groupe a toujours du mal à rebondir après un disque destoiné à devenir un classique et
Abandon en 1998 se veut plus sombre, plus hard et sans la folie qui caractérisait Purpendicular.
Bananas verra le départ de Jon Lord pour l'arrivée de
Don Airey au cv long comme mon bras (
Coloseum II, Gary Moore, Rainbow ben tiens !). Ce dernier trouvera réellement ses marques sur le bon
Rapture Of The Deep qui se veut plus posé, mais somptueux par moment (les lignes orientales de Rapture of The Deep...). Et l'aventure continue...