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Il y a maintenant quelques années que la musique d’
Arch Enemy hante les foyers Scandinaves. La création du groupe remonte en effet à 1996 (Halmstad, Suède) lorsque les frères Amott (guitares), Daniel Erlandsson (batterie, ex-
Eucharist,
In Flames) et Johan Liiva (chant, ex-
Carnage) décident de se consacrer à un projet commun ou mélodie et puissance seraient les maîtres mots.
Les débuts du groupe vont être tonitruants autant musicalement que professionnellement. Sitôt quelques compositions écrites, les quatre musiciens se retrouvent aux studios Fredman pour l’enregistrement de leur premier album. Fort d’une renommée d’estime au sein de feu-
Carcass, Michael Amott obtient même l’aide du célèbre producteur Fredrik Nordström (
At The Gates,
Hammerfall) pour mixer l’album, alors qu’
Arch Enemy n’a encore accouché d’aucune démo. « Black Earth » sort donc quelques mois seulement après la naissance du combo. Tout n’est pas parfait sur ce premier opus, mais il n’empêche que cet album est aujourd’hui encore, souvent cité comme pierre angulaire d’un death-metal mélodique qui, à l’époque, en est encore à ses balbutiements. Pour la petite histoire, le groupe n’ayant toujours pas de bassiste attitré, c’est le vocaliste Johan Liiva, qui se chargera des parties de basse. Cet album, lorgnant allègrement vers le Thrash et le Death, mais proposant en parallèle des riffs d’une lourdeur sans équivoque, fournit une base solide (et intéressante pour l’époque) sur laquelle s’appuiera le groupe afin de développer son propre style par l’avenir. La chanson ‘Bury me an
angel’ se verra être l’objet d’un clip.
Suite à une année sabbatique permettant aux quatre Suédois de se consacrer à diverses activités (notamment le premier opus d’
Armageddon pour Christopher Amott et Daniel Erlandsson), l’année 1998 sera l’occasion pour
Arch Enemy de sortir son second album « Stigmata ». Le groupe est jeune et son line-up encore relativement flottant. Outre le noyau dur formé par Liiva et les frangins guitaristes, la partie rythmique demeure versatile. Ce sont deux membres d’
Armageddon qui s’en chargeront ici, à savoir Martin Bengtsson à la basse et Peter Wildoer à la batterie (en remplacement momentané du sieur Erlandsson). La production sera une fois de plus assurée par Michael Amott et Fredrik Nordström. « Stigmata » marque un pas en avant dans le style proposé par le combo. Plus cru, plus grave, cet album est aussi logiquement plus travaillé et réfléchi. Le soin apporté aux lyrics est évident.
Arch Enemy décolle en Europe (signature chez
Century Media) et explose au Japon; leurs fans asiatiques seront d’ailleurs récompensés de leur dévotion par une édition de « Stigmata » agrémentée de trois titres bonus : ‘Damnation's way’, ‘Vox stellarum’ et ‘Bridge of destiny’.
Si un événement se devait d’être retenu en ce début d’année 1999, ce serait certainement le recrutement du bassiste de
Mercyful Fate, Sharlee D'Angelo (également musicien de
Witchery et guest pour
Sinergy et
Dismember en son temps). Outre un apport certain à la musique du combo, cette incorporation judicieuse va, par la même occasion créer un véritable sentiment de cohésion au sein du groupe. Avec le retour de Daniel Erlandsson derrière les futs, on peut même parler d’un premier line-up stable. L’autre événement de cette année, fut la sortie au mois de Juillet de «
Burning Bridges » … Déjà le troisième album, toujours produit par la paire Amott-Nordström. Nos amis Japonais seront une nouvelle fois gâtés, avec en bonus un réenregistrement de ‘Fields of desolation’ et une reprise de ‘Scream of anger’ de
Europe. Musicalement, le bilan est à peu de chose près le même que pour « Stigmata », un death-thrash extrêmement puissant avec quelques passages toujours très fluides et mélodiques (cf. ‘The
Immortal’, ‘Pilgrim’). L’album se vend relativement bien et permet au groupe d’enchainer les mini-tournées : en Amérique du Sud avec leurs compatriotes d’
Hammerfall, en Amérique du Nord avec
Nevermore (ou la popularité du groupe va crescendo), en Europe avec
In Flames,
Children Of Bodom et
Dark Tranquillity et bien sûr au Japon, d’où sera tiré l’album live « Burning Japan » (uniquement disponible en import).
Durant ces tournées, il est demandé à Johan Liiva de chanter de manière beaucoup plus agressive afin de préparer les nouvelles compositions et la future évolution musicale du groupe. Le constat s’impose de lui-même ... ce nouveau rendu des morceaux, avec une intonation de voix presque black ne plait pas vraiment aux quatre autres musiciens. Voila sans doute la raison qui pousse
Arch Enemy à se séparer de son chanteur courant 2000 et de lui rechercher un remplaçant. Nul ne se doute alors que le choix du groupe s’arrêtera finalement sur une jeune Allemande quasiment inconnue.
C’est ainsi qu’
Angela Gossow (ex-
Mistress et ex-
Asmodina) rejoint la formation Suédoise. La rencontre avec le groupe s’est d’ailleurs faite de manière totalement fortuite au cours d’une interview. Suite à une audition convainquante, son intégration se fait naturellement. Les nouveaux titres étant en partie écrits, le quintet réinvestit les studios Fredman pour l’enregistrement du futur « Wages Of Sin » encore et toujours sous la houlette de Fredrik Nordström. Un nouveau personnage fait son apparition dans le petit monde d’
Arch Enemy en la personne d’Andy Sneap (
Testament,
Nevermore), préposé au mixage. Il saura apporté une touche caractéristique à la fois moderne et sombre aux compositions, accroissant encore l’impact sonore et la puissance dégagée par la musique des Suédois. La balance entre brutalité et mélodie atteint l’équilibre presque parfait sur cet album à l’image du titre ‘Burning
angel’, choisi pour faire figure de single.
« Wages Of Sin » sort en Avril 2001 au Japon ... et presque un an plus tard dans le reste du monde. La cause ? Un groupe en conflit avec sa maison de disque d’où une sortie sans cesse repoussée. En guise d’excuse pour cette attente, l’album se voit agrémenté d’un second disque, compilation de reprises, d’inédits et de raretés assortis de deux clips vidéo. C’est sans doute avec cet album que la formation gagne véritablement ses lettres de noblesses et la reconnaissance qui lui est due (nombreuses récompenses dans la presse spécialisée). L’épreuve de la scène se déroule sans accrocs pour la nouvelle chanteuse qui marque définitivement de sa griffe les anciennes compositions, notamment lors de deux tournées Américaines (l’une en compagnie de
Nile et l’autre en tête d’affiche), d’une mini-tournée Britannique en ouverture pour
Opeth et d’un été consacré aux festivals Européens. Le groupe sortira grandi de cette année et demie passée sur les routes, acquérant par là même, une sévère réputation de bête de scène.
2003. Les musiciens s’offrent somme toute un repos bien mérité, mais de courte durée. L’appel du studio se fait de nouveau ressentir et l’été sera entièrement consacré au processus d’enregistrement du successeur de « Wages Of Sin ». Ravis de son travail sur l’album précédent, les cinq font de nouveau appel à Andy Sneap pour un rendu définitivement plus sombre … Les lyrics reflètent bien cette impression, Angela se montrant une compositrice accomplie et engagée. Si « Wages Of Sin » marquait l’entrée fracassante d’
Arch Enemy dans la cours des grands, «
Anthems Of Rebellion » confirme pour sa part la légitimité de ce statut, le groupe y développant ses propres sonorités, appuyées par ces guitares si caractéristiques, véritable marque de fabrication du combo. La promotion de l’album emmènera le groupe en Corée, aux USA et en Europe pour une tournée en co-tête d’affiche avec
Nevermore. De même le groupe participe à quelques dates en compagnie d’
Iron Maiden,
Machine Head et
Zyklon. Vient l'été,
Arch Enemy est temporairement en stand by, permettant à Daniel Erlandsson de se consacrer à
Revengia son projet parallèle, et à Michael Amott d’enregistrer un solo pour la chanson ‘Murder fantaisies’ de l’album « Enemy Of God » de
Kreator (d’autres collaborations de ce type sont à noter avec
The Quill pour l’album « Voodoo Caravan » (2002),
The Haunted sur «
One Kill Wonder » (2003) et
Annihilator (2006)).
Au mois de
Novembre sort l’EP « Dead Eyes See No Future » afin de faire patienter les aficionados du groupe jusqu’au prochain album. La sortie d’un DVD live (enregistré à Paris) était initialement prévue, mais pour d’obscure raison celle-ci se voit annulée. Afin de ne pas perdre du matériel inutilement, le groupe joindra donc à son maxi, trois titres issus de ce concert. On pourra également noter la présence de reprises de
Megadeth,
Manowar et
Carcass, toutes trois inédites. La promotion de ce maxi verra le groupe parcourir l’Europe en compagnie de
The Haunted et de
Dark Tranquillity. Le 17 Décembre, le show donné au Forum de Londres fera également l’objet d’un enregistrement (qui verra cette fois-ci le jour un peu plus tard).
Nous somme en 2005, quand survient la triste nouvelle, Christopher Amott annonce son désir de quitter la formation afin de se consacrer pleinement à ses études. Gus G (
Nightrage,
Dream Evil,
Firewind) est temporairement recruté en tant que remplaçant ‘de luxe’ afin d’assurer la tournée d’été. En parallèle, «
Doomsday Machine » déboule dans les bacs courant Juillet (les parties de guitares sont toujours signées Michael et Christopher Amott) : un véritable carton outre-Atlantique avec plus de 12000 copies écoulées en une semaine. Définitivement,
Arch Enemy a trouvé son son : lourd, puissant mais toujours aussi tranchant et affuté, il n’y a qu’à tendre une oreille aux nouvelles compositions pour s’en convaincre. C’est à cette période que le poste de second guitariste laissé vacant va être pourvu suite au recrutement de Fredrik Akesson (
Talisman,
Krux,
Tiamat). La tournée mondiale qui s’en suit mènera nos suédois (et notre allemande) sur les routes d’Europe et du Japon avec
Trivium, puis aux USA avec
Strapping Young Lad et (encore)
Dark Tranquillity.
Outre les prestations données par le groupe dans le cadre de la tournée promotionnelle de "Doomsday Machine", l’année 2006 sera marquée par la sortie du premier DVD officiel du combo, à savoir son « Live Apocalypse », compilation de 21 titres lives agrémentés de quelques clips et reports divers. En parrallèle, le groupe ne délaisse pas ses fans américains en tournant encore et encore, avec cette fois-ci
Chimaira,
Nevermore et
Hate Eternal (Avril 2006), puis
Megadeth,
Opeth,
Lamb Of God,
Overkill et
Into Eternity (Septembre 2006) lors du Gigantour.
Mars 2007, alors que le groupe s'enferme aux studios Fredman (avec Fredrik Nordström) pour l'enregistrement du successeur de "Doomsday Machine", le 22 du mois est annoncé officiellement le retour de Christopher Amott. Les frères Amott se retrouvent donc réunis de nouveau.
C'est le 25 septembre 2007 que sort "Rise Of The Tyrant" via
Century Media, suivi du DVD "Tyrants Of The Rising Sun", reprenant l'intégralité du show enregistré à Tokyo au printemps 2008.