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Anathema, c'est un peu l'archétype du groupe maudit, le groupe dont le nom sera toujours un barrage à la reconnaissance du grand public, un groupe qui vivote chichement en apparence, mais qui, heureusement, ne perd pas espoir.
L'histoire du groupe débute à la fin des années 80, quand les frères Cavanagh, Vincent et Danny, décident de former un groupe aux influences death prononcées. Ils s'entourent de
Darren White (chant),
Duncan Petterson (basse) et
John Douglas (batterie) et baptisent le groupe
Anathema. Deux démos suivront, avant que
Peaceville ne découvre le groupe et le signe. Avec
Paradise Lost et
My Dying Bride, ils forment la triplette anglaise magique du label, trois grands du doom qui marqueront à jamais le genre.
Quand parait
The Crestfallen EP en 1992, on assiste à la naissance médiatique d'un futur grand de la scène. Le death est ralenti à l'extrême, il reste pesant et mélancolique, une voix féminine vient apporter un moment de paix tandis que celle, plus caverneuse, de Darren White a des saveurs d'outre tombe. Une tendance qui s'accentue sur
Serenades, le premier véritable LP d'
Anathema qui sort l'année suivante. On retrouve cette lenteur pachydermique ponctuée par de brefs accélérations ainsi que des titres plus évocateurs comme le heavy Sleepless. En 1994, le groupe publie un nouvel EP,
Pentecost III qui marque une évolution dans la musique du groupe, qui gagne en maturité. Le chant de White change, devient plus posé, mais ce sera également le dernier enregistrement d'
Anathema sur lequel il officie.
Pour prendre la suite de White, c'est Vincent qui s'y colle. Nettement moins guttural, son chant véhicule plus d'émotions et la musique subie une nouvelle mutation, s'aventure d'abord dans un doom désespéré (le sublime
Silent Enigma de 1995), avant de voyager vers de nouvelles contrées, plus atmosphérique. Les ambiances doom disparaissent, la mélancolie non.
Eternity, de 1996, est l'album de la rupture et la naissance d'une trilogie qui sera marquante pour le groupe. D'album en album, le chant de Vincent s'améliore, il se maîtrise de plus en plus et l'album
Alternative 4 est celui de la maturité. John Douglas laisse temporairement sa place derrière les fûts à
Shaun Steels qui assure parfaitement l'intérim.
Anathema développe ici un son plus lisse, mais plus froid, profondément désespéré. Limite suicidaire. Fragile Dreams, Empty, Inner Silence sont des compositions marquantes, qui propulsent le groupe sur le haut de l'affiche grâce à des critiques dithyrambiques amplement méritées. En haut de l'affiche, oui, mais les ventes ne suivent pas forcément. Patteron quitte alors le groupe et pour beaucoup, c'est la fin d'
Anathema ; le bassiste était l'un des principaux compositeurs.
Ce dernier est remplacé par
Dave Pybus tandis que, courageusement,
Les Smith quitte
Cradle Of Filth pour rejoindre les rangs d'
Anathema (le salaire n'est pas le même). John Douglas revient et le groupe accouche de
Judgement dans la douleur ; le disque se veut plus introspectif et mélancolique que jamais, mais aucunement suicidaire cette fois-ci. On sent un groupe à fleur de peau et Vincent chante sa douleur sur One Last Goodbye, dédié à la mère défunte des frères Cavanagh. Judgement achève la trilogie entamée avec Eternity en 1996.
En 2001,
A Fine Day To Exit surprend son monde. Plus posé, plus lumineux également. La soeur de John, Lee, vient poser sa voix sur quelques passages, on sent l'influence que
Jeff Buckley dans les compositions d'
Anathema qui se fond de plus en plus éthérées et planantes.
A Natural Disaster en 2003 accentue cette nouvelle direction musicale. Le groupe avoue que le nom d'
Anathema leur empêche de toucher un public plus large ; le cercle de leur fan ne s'élargissant pas, le groupe est constamment au pied du mur et depuis 2004,
Anathema n'a plus de label... Mais les frères Cavanagh refusent de baisser les bras et ils alimentent fréquemment leur site web en morceaux payant, en offrant d'autres en cadeaux à leurs fans qui n'hésitent à à débourser quelques fonds, fonds qui serviront à payer un nouvel album devant sortir pour la fin de l'année. Cet été, chez Peaceville, a été publié
Hindsights, compilation de titres retravaillés en version semi-acoustique.