Les années 2000 auront vu l'émergence d'une pléiade de groupes à chanteuses. On met tout de suite
Arch Enemy et une des version de
Sinister de côté, le registre n'est pas le même, mais nombreux sont les combos à avoir tenté leur chance, avec plus ou moins de réussite, encouragé en cela par le succès explosif de
Nightwish et celui, plus délicat, de
The Gathering. Et souvent, c'est ce premier cité qui sera le plus imité. Le monde du metal s'est vu envahit par une nuée de Walkyries déchaînées, des Tarja-like en veux-tu en voilà, certaines sans talent, d'autres trop délicates pour réellement s'imposer avec classe et maestria. Bref, un effet de mode où seuls les meilleurs (et ceux qui ont réussi à écouler avec un peu de chance des palettes entières de disques) sont encore là aujourd'hui.
Mais en 2000, un jeun e groupe Autrichien a également attiré l'attention sur lui. Ce groupe, c'est
Darkwell, qui s'est imposé avec une certaine classe dans l'univers du metal gothique à chanteuse. Oui, le type au fond qui a dit "pas bien !", c'est pas entièrement faux. Plus que jamais, à cette époque, cela devenait une solution de facilité, le genre étant également en pleine explosion un peu partout en Europe.
Pourtant,
Darkwell n'est pas un groupe à prendre, à ce moment là, à la légère. En effet, la formation s'appuie volontiers sur un univers très black sabbathien, fait de lourdeur, où la guitare se déverse comme une chape de plomb sur une rythmique pachydermique, pesante, angoissante. Le clavier vient se frayer un passage dans cette masse, il se dessine des lignes plus mélodiques, plus légères, qui apportent énormément de musicalité à l'ensemble. Bref, c'est lourd, intense, mais ça créé une ambiance particulièrement réussie. Du pain béni pour la chanteuse
Alexandra Pittracher. Cette dernière possède un timbre de voix très particulier, on pourrait même dire original. A la première écoute, elle est juste agaçante. En revanche, une fois que l'on est complètement immergé dans le disque, on trouve ses intonations presque religieuses (
Realm Of Darkness,
Blackheart...) et on est alors en phase pour interpréter différemment cet album.
Suspiria est donc un disque plus complexe à appréhender qu'il n'y parait. C'est moins insidieux du film du même nom de Dario Argento, mais l'ambiance en est aussi suffocante. La lourdeur générale est presque épuisante pour le style abordé. Et pourtant, cela donne un cachet supplémentaire à l'ensemble, une certaine "patte" facilement identifiable, faite de mélodie simples dans une espèce de magma sonore.
Mais le revers de la médaille ne tarde pas à s'imposer. Face normale, on est dans le bon. Face abîmée, on se retrouve dans une redondance inutile. Généralement,
Darkwell arrive à se renouveler, mais il faut convenir que bien vite, c'est le chant et le clavier qui finissent par tirer le groupe vers le haut et lui éviter une redite stylistique pénible pour l'auditeur. Une faiblesse mise en avant de façon involontaire, mais c'est souvent le lot des jeunes groupes. ici, le préjudice est assez faible, le résultat final est des plus acceptable, voire au-delà de l'acceptable.
Darkwell livre avec Suspiria un premier opus intéressant, à défaut d'être parfait. On ne leur demandait pas temps de toute manière et sa qualité générale est déjà en soi une très bonne surprise. Cependant, le groupe peinera à lui donner un successeur et à laisser le temps courir, il va le laisser s'échapper...