Entrons dans un monde sans vie, où le néant s’apparente à une lueur néfaste et torturante.
Meshuggah s’identifie à une schizophrénie que peu peuvent se venter de faire partie. Proposant toujours plus fort dans l’incompréhension, l’hydre à cinq têtes a prouvé en 2008 et son Obzen qu’ils n’étaient pas encore morts, ceux malgré cette discrétion.
Les tarés ont toujours su rester eux-mêmes, malgré les demandes des fans, vis-à-vis de leur musique. Beaucoup d’ingrédients font du groupe suédois un modèle d’innovation et de folie, cela dû à un travail de
titan sur la composition instrumentale. L’atmosphère lugubre, froide et arrogante où nous emmènes les mecs d’Umeå provient des bas fonds, des entrailles sombres et délirantes.
Qui aurait-pu croire que 20 ans après l’expérimental, mais prometteur, Psykisk Testbild que
Meshuggah serait encore là ?
Acharné et persévérant, la passion de ces suédois leur a permit de franchir un cap dans l’expérimental métallique. Devenu des pionniers en la matière, la venue d’Alive est là pour se poser la question suivante : Est-ce que
Meshuggah a plus d’impact en live ?
Ce qu’on pourrait déjà reprocher à ce produit, c’est le nombre de piste. Contrairement à la version DVD où la set list contient une vingtaine de chansons, le disque, lui, n’en contient que douze. Maigre satisfaction pour celles et ceux qui se sont procurés la bête.
Les morceaux ont été sélectionnés suivant les différents concerts que la machine suédoise a effectués depuis la sortie d’ObZen. On se retrouve propulsé à Tokyo, où la popularité n’est plus à faire, ainsi qu’en terre canadienne, à Montréal et à Toronto. La bande à Jens Kidman a parcouru le monde entier pour répandre un monde à leur image : dégradé et chaotique.
Il est certain qu’avec une musique de ce genre, la communication entre le public et le groupe se fait de manière cérébrale. De Rational Gaze en passant par Straws Pulled At Random, la lobotomie jouissive auquel on assiste impuissant pulvérise tout sur son passage. Thomas Haake n’a pas oublié d’être un modèle d’acharnement derrière sa batterie, Fredrik Thordendal est psychotique, effrayant et orchestrant cliniquement son monstre à 8 cordes aux côtés du gigantesque batteur.
Impossible d’inclure
Meshuggah dans un moule précis, son œuvre est trop impénétrable pour être limité dans un bac. La sphère mentale des tarés nous remballe la tronche dans un monde totalement nouveau, au ton négative.
Les suédois sont définitivement des mecs talentueux. Le final du disque, Bleed, est là pour terminer en beauté et démonte l’étendu du potentiel des musiciens de ce groupe. Inquiétant et unique en son genre, cela depuis plus de vingt années,
Meshuggah fait parti de ceux dont seul la médiocrité insulte. Un braquage sensoriel complètement déroutant, affligeant des coups dans la face imprégnant dans une atmosphère tordue et finement mis en scène.
Un live décomposé qui plaira aux puristes, mais qui pourrait former les novices à l’industrie suédoise.