Planquez vos gamins,
Gen est de retour ! La petite reine du bondage, est, il faut bien l'admettre, toujours aussi sculpturale presque vingt ans après ses débuts. Comme quoi, le SM, ça conserve. Bref,
Genitorturers, après sept ans de silence studio, nous revient fin 2009 avec un nouvel album, sobrement intitulé
Blackheart Revolution. Jusque là, rien de bien angoissant. Au contraire. Beaucoup doivent encore garder de très bons souvenirs de l'album Sin City paru en 1998 et qui avait créé un certain engouement pour la formation de Tampa.
Mais depuis, de l'eau à coulé sous les ponts, malgré la présence de son
David Vincent de mari dans les rangs, Gen peine à écouler les disques de
Genitorturers par palette entière, faute à des réalisations pas toujours franchement convaincantes, qui sont plus des prétextes pour entamer des tournées qui tournent à la démonstration SM chaque soir. plus racoleur, plus vendeur... Aussi, savoir que l'enregistrement de ce disque a débuté en 2006 n'est pas franchement encourageant. Difficile de savoir si trois années d'écriture et de prises studio n'ont pas rendu l'objet caduque avant même sa sortie.
Si l'on se fit à la pochette entre gore et gentillet, la musique ne sera pas une surprise : l'ensemble est en effet très partagé. D'un côté, on a des titres aux contours abrupts, très rock, de l'autre des choses pas forcément mauvaises, mais qui passent facilement pour du easy listening. Ce qui peut être un peu gênant quand on a un discours typiquement indus à la base. En revanche, ce qui ne change pas, c'est la teneur des paroles et des faits de chanson. Certains titres sont d'ailleurs très évocateurs (
Kabangin' All Night même si la rythmique devient vite agaçante,
Cum Junkie...), on capte facilement les mots les plus "intéressants" du répertoire sexe de l'anglais, quand on a pas droit à une séance de gémissements langoureux de la part de Gen (comme sur un
Vampire Lover franchement bien foutu).
Ensuite, il n'y a pas franchement de lignes directrices. On se trouve vitre confronté à des compositions aux relents punk, d'autres plus roots à la
AC/DC, certaines s'inspirent d'electro passe partout de boîte de nuit pour s'articuler sans grand intérêt sur une facilité qui en devient gênante... On capte ça et là des relents à la
Marilyn Manson, parfois des ambiances plus hair metal, comme un héritage des années 80 mal assumé.
Et malgré un côté fourre-tout agaçant, on se trouve à apprécier cet album qui mine de rien, n'est pas franchement dégueux, juste moyen , aux coups d'éclats ruinés par les coups d'épée dans l'eau... Certains se frotteront les mains : le disque est surtout un bon prétexte pour une nouvelle tournée de
Genitorturers, où le plaisir des oreilles ne prend pas forcément la même importance. Mouais. Il est quand même dommage de réduire le groupe à ses performances scéniques, mais Gen a-t-elle seulement pu tenir son propre rang depuis le très bon Sin City ?
Genitorturers reste un groupe un peu paumé, qui manque un peu de talent en définitive. Sick
sad world.