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Chroniques :: Chronique de For Death, Glory and the end of the world

Chronique de For Death, Glory and the end of the world

Kruger  - For Death, Glory and the end of the world (Album)

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Voilà qui est embêtant. Malgré une qualité d'interprétation évidente et une écriture vive et intéressante, le dernier album en date de Kruger, the End of the World" class="search">For Death, Glory and the End of the World, ne dégage rien. Mais alors rien du tout. Et quand c'est dit d'entrée de jeu, ça la fout mal pour le groupe. Et pourtant, les musiciens ne sont pas à blâmer, ils ont fait leur job, ils l'ont bien fait, même. C'est pas dégueux pour un sous, c'est puissant, planant par moment, volontiers enclin à une sourde violence également. Mais c'est vraiment trop vide...

Amèrement, la chronique pourrait s'arrêter là. Mais serait-ce rendre justice à ces petits Suisses de laisser un descriptif de ce disque sous forme de formule lapidaire ? Non, ce serait simplement irrespectueux. Et ce ne serait pas en total adéquation avec un album qui n'a pas demandé à se faire traiter ainsi.

Kruger, si vous voulez, c'est du metal très ouvert sur ce qui se fait dans le metal et dans ses sphères proches comme le hardcore et le post core. En construisant ses morceaux sur de grosses rythmiques, on pourrait penser que le groupe allait opter pour des murs de sons fait de riffs saccadés et brutaux. En fait, la guitare cherche plutôt à être lancinante, étirée, à la limite du planant par moment (car on peut planer sur The Ox. Mais là où la bât blesse, c'est que la production résolument moderne et froide brise tout cet élan. Parce qu'elle est trop commune. Parce qu'elle n'impressionne pas, parce qu'elle glisse sur Kruger comme l'eau sur les plumes d'un canard. Elle ne parvient à tirer la substance même du groupe, on a juste droit à un défilé bien heavy des possibilités du groupe, mais le jeu sur les contrastes est insuffisant, l'impression de bloc monolithique devient de plus en plus gênant, même quand les musiciens plaquent une mélodie. Il n'y a pas d'efficacité, c'est vide !

Et cette production leur jouera des tours tout du long du disque. Même un interlude aussi court que Centre joue de malchance avec ses voix très en retrait qui font penser à du Paradise Lost du début des années 2000, quand Nick Holmes était friand de ce genre d'effets... Sans oublier que l'enchaînement avec Our Cemetery Is Full Of Strangers est assez bancal en définitive, là où il aurait gagné à être plus direct.

Bien sûr, il y a aussi la présence de Joe Duplantier sur Muscle. Kruger a la chance de bénéficier de cet invité de luxe maintenant. Car la popularité de Gojira ne cessant de croître, nul doute que bientôt ce nom apparaitra sur de nombreux projets et que les prestations fournies se feront de plus en plus ternes avec le temps. Ce que le groupe a réussi à faire, c'est un stéréotype anticipé. Mais Muscle étant sons conteste possible l'un des meilleurs titre, voire le meilleur titre de la galette, on pardonne volontiers les Suisse de se donner un coup de pouce.

Mais en définitive, que retient-on de cet album ? Un disque assez creux car assez linéaire et en définitive saoulant, qui plonge l'auditeur dans un maelström sonore qui aurait pu être sacrément jouissif avec du contraste ? On est forcément déçu pour les Suisses qui pourtant ne déméritent pas. C'est juste un disque de plus, qui se place tranquillement au milieu d'une production moderne absolument prévisible, un archétype du metal moderne. Et si les maisons de disques continuent à sortir des groupes au son similaire, nul doute que la crise du disque est loin d'être terminée...

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Qu'est-ce qu'un plat?



Qu'est-ce qu'un plat mes ami(e)s? Nombre de choses il faut le dire...Il y a le plat pour faire un gratin, à mettre au four ou pour servir tout court. Il y a le plat dans le sens de surface terne, sans remous; le plat que l'on fait lorsqu'on se prend pour Manaudou (qu'on appelera double plat) et qu'on rate son plongeon et enfin, en terme musical, plat signifie fade, sans imagination, sans relief. Bref, chez Kruger on est dans toutes ces définitions.

Non la méchanceté n'est pas typique du chroniqueur. A vrai dire le chroniqueur cherche souvent les points forts plutôt que le marteau pour frapper l'enclume. Sauf que parfois le marteau c'est du +24 en capacité offensive + 33 contre les critiques alors forcément la tentation est trop grande...
Avec For Death, Glory and the end of the world, Kruger nous lâche un titre à la Amon Amarth. On s'attend à du lourd, du gras, de l'épique, du canasson en proie à une envie subite de galoper, au Capitaine Stark qui, encore une fois, charge à tout va. Et pourtant c'est tout sauf ça. Kruger fait dans le mou, le facile, le tristement fade. Pourtant le groupe n'en est pas à son premier essai, le rejeton étant le quatrième de la formation suisse. Autant dire que les gars ont leur patte. Inspirés à la base par de multiples groupes géniaux comme Neurosis, Tool, Converge, Unsane ou Breach, les gars de Kruger nous servent un Metal plutôt riche malgré tout, que l'on qualifierait presque de Post-Metal. Les mélodies étincellent, les riffs sont tantôt barrés, Death, ou axés puissance Core. Cependant, les bases musicales de Kruger ne semblent pas avoir disparues. On reconnaitrait presque (trop) Pelican dans "Anthem of pretended glory" ou encore "Villains", un des superbes titres de l'album au final bien chaotique. En fait on reconnait bien trop l'inspiration Post-Rock dans nombre de morceaux. L'interlude "Centre", bien que très jolie, révèle le problème du groupe: s'enfermer dans des carcans institutionnalisés. Et c'est là le principal défaut.

Car en voulant explorer Kruger fait dans le conventionnel. Les mélodies proches du Post-Rock de Pelican ou Mogwai sont sans éclat, sans recherche. En fait, le tout est prévisible. Chaque riff est détecté dix secondes à l'avance et malgré de bonnes idées, ça décolle rarement. On assiste à un retour en arrière de cinq ans tant le style est parfois sans personnalité ("Our Cemetary is full of strangers" trop fade pour convaincre). Alors oui, parfois, on a des moments de gloire. "Muscle" par exemple, en featuring avec Joseph Duplantier de Gojira (pour une fois que ça sert) est diaboliquement entrainante et barrée, les deux voix des chanteurs se complétant également à la perfection. "Villains", riche en rebondissements et...c'est malheureusement tout. Pour le reste, Kruger ne surprend que peu, voire pas du tout. "The Ox" est une entrée tout ce qu'il y a de plus plat, "Duke of nothing" n'a de bon que son intro (et encore) au riff percutant.

Au demeurant, la production de l'album est plutôt bonne, puissance et clarté se conjuguent (ce qui est rare) et on prend plaisir à ne pas se bousiller les oreilles dès qu'un semblant de de guitare aïgue raméne le bout de son nez. Mais là où la production sonne juste, le reste ne suit pas. Les compositions sont bateaux, fades, plates en fait. C'est pour ça que toutes les définitions se rassemblent. For Death, Glory and the end of the world est un plongeon raté, un album sans vagues, d'une richesse quasi inexistante, et au final un plat à mettre au four. Triste à dire, méchant peut être, mais le marteau est sacrément puissant. On retiendra deux, trois morceaux sur le tas, dont un featuring intéressant pour une fois, une interlude mignonette et "Villains", pourtant juste bon mais à l'image de messie dans cet album conventionnel. Pas forcément mauvais, mais sans éclat donc. "Il s'en est fallu d'un poil de mollet de fourmi" dirait Blutch. Et on est d'accord.

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par Prométhée, le 17 janvier 2010
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Commentaires


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Hé bien non car ce que je dis c'est que c'est pas forcément mauvais. Il y a cinq ans cela aurait été bon. Mais là c'est trop facile. Alors si le côté fadasse des compos peut apparaitre à des férus de culture Post comme moi, peut-être que pour d'autres il n'apparaitra pas. Donc 5.
dim 17 jan 10- 14:28  
Ok, merci pour la précision l'ami!
dim 17 jan 10- 14:58  
Argh... ouais du coup avec ces deux 5/10 j'ai écouté cet album pour me faire un avis quand même. Et c'est clair que par rapport à ce que Kruger a pu faire auparavant, c'est bien décevant...
mar 23 fév 10- 23:01  

For Death, Glory and the end of the world - Infos

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Infos de For Death, Glory and the end of the world
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Sortie : 22 février 2010
Genre : Metal
Label : Listenable Records
Playlist :
1. The Ox (05:36)
2. Return of the huns (05:17)
3. Anthem of pretended glory (04:58)
4. Villains (05:22)
5. Centre (01:13)
6. Our cemetary is full of strangers (06:15)
7. Muscle (04:32)
8. Duke of nothing (05:45)
9. Turpitudes (07:22)
écouter : Ecouter l'album


Kruger

Kruger
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Création : 2001
Genre : Metal
Origine : Suisse

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