Mélanger le Black Metal avec des relents indus est toujours un exercice intéressant. Conjugué à la brutalité du Death Metal et aux ambiances ténébreuses d'un Dark ambient dissimulé, l'impression d'assister à une vraie recherche se fait ressentir. Avec Primeval,
Mors Gotha délivre une première démo extrêmement intéressante.
L'alliance de nombre de styles est une gageure de la musique de
Mors Gotha. "White knight" entre en scène sous forme d'un torrent sonore, dévoilant une prod' puissante mais malheureusement tellement axée sur l'impact qu'elle y perd en propreté. Déluge de blasts, voix lithurgiques, chant hurlé proche de groupes comme
Blut aus Nord ou
Deathspell Omega et utilisation de sons étranges rappelant
Burzum, la démo commence bien avec ce "White knight" percutant.
Le reste est à l'image, "Angel of bones" est épique à souhait avec son riff Black superbe, "Nighthawks" s'impose comme une interlude sombre et mystérieuse, à l'image de ce que veut nous montrer le groupe.
Pour un peu, on ne croirait pas entendre le travail d'une démo, hormis au niveau du son. C'est travaillé, recherché, et les aspirations futuristes dégagent un peu plus
Mors gotha du lot au fur et à mesure de l'écoute: "Hecatonshires" par exemple,référence au titre de leur précédente démo, comporte tous les éléments intéressants de la musique made in
Mors Gotha. Le groupe sait sacrifier la rapidité étouffante engendrée par la batterie (électronique certainement) pour proposer plus de retenue et d'atmosphères toujours futuristes mais mélangées à des éléments lithurgiques plus discrets rendant le tout superbe et planant à l'écoute. Le dernier titre, "The Depths", issu de leur précédente démo, laisse la place à un court passage narratif sur fond d'ambient assez curieux, laissant entrevoir le délire des musiciens, mais aussi un concept assez space (le mot convient à la situation si l'on parle des petits bruits de laser présents sur le passage).
Que dire d'autre alors? Le travail réalisé par
Mors Gotha est quasiment sans reproches. Le combo suisse posséde un talent sans pareil, délivrant une démo très bonne, à la qualité sonore discutable (privilégier la batterie est un choix particulier) mais qui convient à l'aura mystérieuse et à l'effet "fog" présent du début à la fin. Malgré un passage vraiment particulier (les lasers à la Star wars), on entre aisément dans l'univers de
Mors Gotha qui mériterait encore plus de recherche et de cohérence. Dès lors, vivement un album, qu'on se fasse un avis véritable sur le potentiel de
Mors Gotha, en bonne voie, sans aucun doute.