La première question qui vient à l’esprit, en abordant ce deuxième album de
Vision of Atlantis, c’est bien sure : y a-t-il eut des progrès de fait depuis
Eternal Endless Infinity ? La réponse est oui est non. Incontestablement, d’immenses efforts ont étés faits ; le groupe a grandement gagné en maturité ; la production n’est pas en reste et nous délivre enfin un album propre, sans fausses notes ni mixage approximatif ! Comme quoi, quand la maison de disque prend le temps d’attendre…
En dehors de cela, le point le plus catastrophique de l’opus précédent était incontestablement le chant masculin ; sur ce point de gros efforts ont étés faits. Tout d’abord, le chanteur précédent, Christian Stani, a purement et simplement été remplacé par Mario Plank, doté d’une voix presque identique mais sachant un peu mieux s’en servir. Un peu, car on est encore loin de sortir de la médiocrité ; en particulier certains passages de Realm of Fantasy sont à grincer des dents. Sa technique, hésitante entre rock et power metal édulcoré, est de toute façon insuffisante, mais constitue déjà une amélioration notable. Surtout, on l’entend beaucoup moins ! Le chant masculin est très loin de retrouver la place qu’il occupait précédemment, et se retrouve cantonné en second rôle. J’avoue que ce fut un grand soulagement de le constater !
Au chant féminin, Nicole Bogner reste bonne ; mais étrangement elle fait preuve d’un peu moins d’audace que dans l’album précédent, et se cantonne plus souvent à un chant pop assez banal. Elle n’en conserve pas moins une très belle voix.
Pour autant, l’album reste très loin de la révélation. Car reste un point qui fâche : les compositions. D’une invariable mollesse accentuée par le choix du low tempo, elles sont également d’une grande platitude, totalement dépourvues de cette force et de ce mouvement qui firent la renommée des grands du metal symphonique ; cette force qui n’a pas besoins de gueuler pour se manifester, ni de se voir pour se faire sentir... Bref, les compositions sont invariablement molles ; d’une répétitivité que n’arrivent à briser ni les tentatives de mise en valeur du chant féminin de Winternight, ni celles de déformations du chant masculin sur State of Suspens.
Pourtant, les guitares sont beaucoup moins étouffées par le clavier, mais ne font pas preuve de plus d’énergie ; du reste il n’y a pratiquement pas de solo, et les rares sont aussi mous que le reste.
Bref, les erreurs de jeunesses ont étés corrigés ; l’ensemble est d’écoute relativement agréable, mais demeure médiocre et d’un intérêt limité…