On ne compte plus les formations de Death Metal au talent considérable issues de l'Hexagone. Entre le Death Brutal d'un
Kronos ou d'un
Benighted, le Death technique des bordelais de
Gorod ou le Death très nuancé de
Gojira, il y a de quoi être fier. Alors qu'ont donc ces groupes pour attirer tant l'attention de la scène? Certainement ce que
Withdrawn ne possède pas encore...
S'il y a bien une chose que l'on peut reconnaitre à
Withdrawn c'est bien sa capacité à nous plonger dans son univers très violent et sans concessions. La première piste même, "At random overcome", ouvre l'album non pas avec une atmosphère ou intro posée comme on est en droit de l'attendre mais avec un "There's no intro!!!!!" qui annonce directement un riff bien affuté. L'effet est là, on est surpris, mais malheureusement pas pour longtemps.
Huit titres composent en effet un album bien trop répétitif.
Withdrawn use des mêmes artifices, les mêmes sonorités sont usitées dans la majorité des riffs qui oscillent entre le Black ("Chosen translation"), le Death ("Dethrone") ou le Thrash ("Gemini Distance"). On pourrait alors croire à une variété, un touche à tout renversant, mais il n'en est rien. Le groupe conserve tout au long de son essai cette volonté de ne pas laisser la place à l'atmosphère et de tout miser sur la brutalité et l'efficacité du riff qui fera mouche. Et c'est là que le bas blesse. Non pas que les riffs ne soient intéressants, certains étant d'ailleurs bien efficaces (la fin de "Chosen translation") et bien appuyés par cette batterie ultra rapide lors des blasts; seulement,
Withdrawn pèche par une redondance beaucoup, mais alors beaucoup trop présente. On retient à la fin de l'écoute un album très homogène d'où l'on aura du mal à tirer un titre en particulier du lot. Dommage.
Malgré une technique et des idées parfois intéressantes notamment la fin de "Fragments of the crucial step" que l'on croirait sortir d'un
Amon Amarth ou le début de "The throat of thousand" partie en classique et qui aurait pu donner un titre bien plus atmosphérique,
Withdrawn n'arrive pas non plus à se sortir de son influence principale:
Morbid angel. Qu'on le veuille ou non, on ne peut que remarquer l'éclatante incapacité du groupe à sortir de cet exemple. On assiste alors au même type de musique, soit un Death bien old school, ici teinté de Black souvent approprié mais jamais approfondi ("The throat of thousand"). Le rythme faiblit vite en seconde partie d'album en raison de cette difficulté à faire l'impasse sur le style des américains.
Skulls of the weak n'est cependant pas un mauvais album. Dans une scène où l'originalité est de mise et où la personnalité devient une obligation,
Withdrawn ne se détache pas du lot. Si l'on aime le Death old school on appréciera, mais on préfèrera certainement se pencher sur la belle époque de
Morbid angel que sur cet album de
Withdrawn, qui aurait mérité plus de recherche. En espérant que les frères Helwin tacheront dans un prochain essai de s'écarter de leur influence;
Skulls of the weak est efficace, mais trop commun.