Overkill fait partie de ces groupes qui sont de véritables références pour le Thrash US, un des pionniers. Et pourtant, quand on dit ‘Thrash’, il ne fait pas forcément partie des noms qui nous viennent à l’esprit. On pense plutôt à
Slayer ou
Metallica en priorité.
Il faut dire,
Overkill roule sa bosse depuis un moment, mais les albums réellement cultes du groupe se font rares comparé à ses collègues.
Mais attention,
Overkill risque bien de faire changer les choses. Avec ce nouvel opus, Ironbound, le disque s’annonce déjà comme une des sorties Thrash incontournables de 2010 ! Et pourquoi pas comme le meilleur du groupe ?
Dès les premières notes, l’album nous plonge en plein cœur du monde si particulier d’
Overkill, à savoir des bases musicales clairement Thrash, puissante et imposantes, mêlées à un chant aigu qui puise ses influences dans le pur Heavy Metal.
L’auditeur sera vraiment impressionné par le groove qui se dégagera de l’album, tout au long du disque.
Avec des riffs solides, des mélodies percutantes et variées, une basse virtuose bien mise en avant et une batterie surpuissante,
Overkill nous embarque dans une déferlante de violence qui va en étonner plus d’un !
Et en plus de nous en mettre plein les oreilles, les Américains en profitent pour se faire bien plaisir en posant par-ci par-là des petites touches expérimentales. Il se paye par exemple le culot de poser des atmosphères très réussies, et surtout planantes, sur le magnifique titre éponyme Ironbound. Un morceau phare de l’album sans aucun doute. The Green And Black propose des passages qui seraient presque progressifs, un morceau qui s’octroie à lui seul pas moins de 8 minutes, ce qui en général très rare pour un morceau de Thrash, mais là, il faut bien avouer que le temps passe très vite, avec son lot de solis endiablés, un chant entrainant, etc.
Overkill n’a plus peur de rien, il utilise même du chant clair sur Give A Little, ce qui passe parfaitement bien !
Et
Overkill ne manque pas de faire part d’un peu de technique par moment, tout en étant très discrets à ce niveau-là et sans jamais entrer dans la démonstration. Non, le but d’
Overkill est tout autre : montrer au monde que le groupe n’est pas mort et qu’il est toujours prêt à faire grésiller quelques amplis !
Et plus on avance dans ce Ironbound, plus on tombe sur de véritables hymnes du Metal. Chaque morceau a vraiment un petit quelque chose de vraiment accrocheur, porté par une maturité qui aura profité au groupe durant toutes ces années. Et même si ce disque est clairement mis en valeur par une production cristalline et moderne, le rendu sonne pourtant incroyablement old school. En partie avec ce chant, mais aussi certaines parties de guitares qui semblent souvent flirter avec le Thrash Teuton. Il n’est pas rare de penser à
Grave Digger ou
Kreator et même Accept sur certains morceaux, bien plus qu’à du
Anthrax ou du
Megadeth en tout cas. Ainsi, on fait un petit bond en arrière qui nous transporte aux heures de gloire du mouvement musical le plus extrême de l’époque, mené par des hordes métalliques qui en avaient dans le froc, une époque où les copies de groupes n’avaient pas leurs places.
Et une chose est sûre, avec ce nouvel opus,
Overkill revient sur le devant de la scène et il risque de le rester encore longtemps.
Avec un disque aussi travaillé, aussi réfléchi, le groupe montre que le Thrash d’antan a encore de beaux jours devant lui.
Avec Ironbound,
Overkill peut célébrer ses trente ans d’existence sans rougir, bien au contraire. Les fans seront ravis car le groupe livre ici le disque qui s’imposera immanquablement comme une référence incontournable dans la discographie du groupe, et peut-être même le meilleur !