Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Eat The Heat

Chronique de Eat The Heat

Accept  - Eat The Heat (Album)

 5 
10

The american way of crash ?



Accept, en 1989, c'est un groupe qui rêve de conquérir les USA comme tout bon groupe européen qui se respecte. On avait déjà vu que Scorpions s'était cassé quelques dents à tenter l'aventure avec son Savage Amusment et que Pretty Maids allait lui aussi se planter en beauté avec un Jump The Gun bien trop formaté. Est-ce que Accept allait réussir là où tous (ou presque) étaient destinés à se planter lamentablement ?

D'entrée de jeu, ça se présente mal. En effet, Udo Dirkschneider s'en est allé après un Russian Roulette très moyen, mécontent de la direction plus "commerciale" que prenait le groupe. Le nabot aux couinements enragés a depuis fondé le groupe Udo et pond rapidement des albums dans la lignée du vieux Accept, celui aux balloches solidement arrimées. Son remplaçant s'appelle David Reece, un illustre inconnu qui venait juste de prêter sa voix à l'album Firepower de Dare Force. Un chanteur dans la lignée bien américaine, sur lequel plane l'ombre de David Lee Roth. Les musiciens, eux, s'enferment en studio avec l'incontournable Dieter Dierks et planchent sérieusement sur le nouveau son d'Accept.

Parce qu'il faut retourner en arrière. En Europe, Accept était considéré comme l'un des fers de lance du metal germanique, carré, précis, vindicatif et furieux. Une machine de guerre bien huilée qui avait une discographie intéressante, capable de rivaliser avec bien des ténors du genre (Judas Priest en tête). Puis depuis le célèbre Metal Heart, la tendance a été à une certaine accalmie. Une façon de composer plus en phase avec les canons outre-Atlantique, ce qui rendra Dirkschneider furieux. Ce dernier parti, Wolf Hoffmann et Peter Baltes deviennent les seuls maîtres à bord et peuvent faire strictement ce qu'ils veulent, même si cela signifie plus ou moins flinguer une crédibilité déjà entachée...

Si pour vous Accept, c'est avant tout la voix reconnaissable entre mille de Dirkschneider, ce n'est pas certain que cet album vous accroche l'oreille. Si jamais ce sont les riffs marqués par une batterie plombée qui vous charme, encore une fois vous allez faire la grimace. Si vous êtes über open et que vous appréciez ce genre d'approche, vous allez prendre votre pied. Mais il ne faut pas perdre de vue que l'on parle d'Accept et que derrière ce nom, il y a une certaine idée du heavy metal que l'on ne retrouve pas forcément sur cet album. Comme pour Saxon sur Rock The Nation.

D'ailleurs, ça ne commence pas si mal que ça. X-T-C a une approche assez classique, efficace et met automatiquement l'eau à la bouche. Generation Clash, juste à côté, poursuit dans la bonne humeur et une lourdeur bienvenue même si un speech ridicule vient en ternir la force, en plein milieu. Ce n'est pas la panacée non plus. la batterie est un peu faiblarde. On aurait préféré plus de patate de ce côté.

Puis ça se ralentit considérablement. Tout devient plus nuancé, trop nuancé même, avec des touches typiquement US dans l'agencement des refrains simples, destinés à bien tourner en tête. Il faudra d'ailleurs attendre Hellhammer pour que ça reprenne de l'ampleur,. Un titre puissant, rapide, ponctué par un break excellent. La comparaison avec le mielleux Prisoner à côté fait presque peur. On peut également noter la longue ballade Mistreated, qui approche les dix minutes. on pourrait être impressionné par l'exercice de style, mais le rendu final est... plat. L'émotion ne vient pas. C'est trop formaté, trop dans l'optique "on fait une ballade pour bien cartonner"... et ça ne le fait pas.

Le disque se déchire entre une envie de contenter les anciens fans avec des morceaux puissants (comme Break The Ice sur la fin) et celle d'en accueillir des nouveaux et de se faire adopter par les USA avec un style qui saura accrocher les radios (Prisoner, I Can't Believe In You...) et le mélange entre la force et l'esprit plus "commercial" passe assez mal. Et pour le coup, Accept peut décevoir.

Tel quel, Eat The Heat n'est pas un mauvais disque. Mais on peut légitimement être déçu par la direction prise par les teutons. Les plus déçus peuvent se rabattre sans danger sur les premiers opus de Udo. Sinon, autant prendre patience et espérer une reformation explosive...



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :  
 5 
10
Elric des Dragons
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires


Eat The Heat - Infos

Voir la discographie de Accept
Infos de Eat The Heat
acheter sur Amazon
Sortie : 1989
Genre : Heavy Metal
Label : Sony Music
Playlist :
1. X-T-C (04:26)à écouter en premier
2. Generation Clash (06:26)à écouter en premierlisten
3. Chain Reaction (04:42)
4. Love Sensation (04:43)
5. Turn the Wheel (5:24)
6. Hellhammer (5:30)à écouter en premier
7. Prisoner (04:50)
8. I Can't Believe in You (06:45)
9. Mistreated (8:51)
10. Stand 4 What U R (4:05)
11. Break the Ice (4:14)à écouter en premier
12. D-Train (04:27)
écouter : Ecouter l'album


Accept

Albums chroniqués :
Chronique de Eat The Heat
Eat The Heat
1989

Chronique de Russian Roulette
Russian Roulette
1986

Chronique de Balls to the Wall
Balls to the Wall
1984

Accept
Accept
Voir la page du groupe
Création : 1971
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne

Concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Savage Amusement
Savage Amusement
1988

Chronique de In Trance
In Trance
1975

Chronique de Fly To The Rainbow
Fly To The Rainbow
1974

Scorpions
Scorpions
Voir la page du groupe
Création : 1971
Genre : Hard Rock
Origine : Allemagne

Concerts:

Pretty Maids
Pretty Maids
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Heavy Metal
Origine : Danemark


Saxon
Saxon
Voir la page du groupe
Création : 1976
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Concerts:

Iron Maiden
Iron Maiden
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Concerts:

Judas Priest
Judas Priest
Voir la page du groupe
Création : 1967
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Sonata Arctica
Sonata Arctica
Voir la page du groupe
Création : 1999
Genre : Heavy Metal
Origine : Finlande

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Archangels In Black
Archangels In Black
2009

Chronique de Dominate
Dominate
2006

Chronique de Underworld
Underworld
2003

Adagio
Adagio
Voir la page du groupe
Création : 2000
Genre : Heavy Metal
Origine : France

Concerts:
Rapports de concerts: