On avait quitté
Korn sur un
See You on the Other Side extrêmement moyen. On se demandait même si les gars de Bakersfield (Californie) ne commençaient pas à perdre leur inspiration. Le départ de
Head (guitare) et plus tard de David Silveria (batterie) n’ont fait que renforcer cette sensation. La conclusion fut simple mais terriblement dure à avaler :
Korn avait changé. Plus réellement enclin à pondre des mythes comme
Follow the Leader, Untouchables ou l’extraordinaire Issues,
Korn produirait à présent des disques uniquement pour le fric. Ce
MTV Unplugged en est d’ailleurs la preuve ultime.
Jonathan Davis assis sur un tabouret, tout comme Munky le guitariste et Fieldy le bassiste, ce live ressemble étrangement à un ancien live ayant lieu dans cette salle mythique : le live de Nirvana en 1994. S’entourant ici de musiciens aux visages cachés par des masques de chevaux et de lapins (comme sur la pochette de
See You on the Other Side), le concert démarre et déjà on sent le traquenard. Jonathan Davis prend sa voix claire miévreuse et peine à convaincre.
Les titres s’enchaînent et se ressemblent étrangement sans réellement parvenir à satisfaire l’auditoire. Hormis « Blind » (issu du premier album
Korn) et « Creep » (reprise de Radiohead qui rappellera pour certains « A man who sold the world » la reprise de David Bowie par la bande à Cobain) qui sortent du lot pour leur interprétation, on peut dire que cette prestation est ratée, surtout à l’écoute de l’abomination d’un titre tel que « Freak on a Leash » (au demeurant très bon sur
Follow the Leader) qui est ici littéralement massacré par la double interprétation de Davis et d’Amy Lee, la chanteuse du bien nommé groupe
Evanescence. C’est mou, à peine juste et pas interprété avec cœur, comme si
Korn avait honte de cette chanson.
Ce
MTV Unplugged n’est donc qu’un coup commercial, un de plus à mettre à l’actif des californiens. Pas original et interprété avec retenue, ce concert ne mérite pas les acclamations que le groupe a pu glaner au cours de sa longue carrière. Erreur stratégique ou logique purement commerciale ? Il est certain que le groupe a choisi de vendre plutôt que de plaire. Les prochains essais de la troupe à Davis ne sont pas parvenus à réparer ce parjure, et on peut même se demander si
Korn ne s’est pas tout simplement condamné à une mort certaine en sortant cet album live médiocre. Mauvais, ce disque ne mérite pas l’écoute. Mieux vaut se pencher sur les premiers albums du groupe, véritables bijoux de néo-metal, eux !