C’est sous la forme d’un trio que
Dying Fetus a présenté son dernier né, «
Descend Into Depravity ». Après le départ express de Duane Timlin en 2007, la place revient à Trey Williams. Mais ce n’est pas tout, John Gallagher s’est senti en mesure d’assurer la guitare tout seul après le départ de Mike Kimball. On ne fera pas les éloges concernant le talent du chauve, après tout, c’est lui qui tient les rênes, dans l’ombre, du fœtus mourant.
Mais avec le temps, le nombre de sorties et changements impressionnants au sein DF, rien ne pouvait présager la suite de la carrière des bouchers du Maryland. Même si
War Of Attrition avait réussi à faire remonter l’estime de ce groupe, désormais culte sur la scène Death internationale, il n'arrivait pas faire taire les mauvaises langues. La vie du fœtus pouvait paraitre incertain,
Descend Into Depravity est arrivé sous un air de « ça passe ou ça casse ». Et ça passe.
Si Sean Beasley, présent depuis 2001, avoue que c’est son album préféré, ce n’est pas non plus un hasard. Le bassiste a contribué, plus que sur les précédentes sorties, au retour des monstres du Maryland. Les esprits sont prêts à recevoir la colère du fœtus en commençant avec Your Treachery Will Die With You, titre que l’on n’a plus besoin de présenter puisqu’il a été diffusé avant sa sortie. Les réactions furent enthousiastes et c’est avec beaucoup de concentration que l’on écoute le reste de l’album. Car
Dying Fetus n’a plus le même line-up du mythique
Destroy The Opposition, et même si Gallagher a toujours été là, le groupe n’a jamais été un combo solo.
Ce dernier est d’ailleurs toujours rugueux dans ses interventions, sa voix est colossale, terriblement monstrueuse, à l’image d’un Conceived Into Enslavement qui l’est tout autant. La production est signée Steve Wright, dans son antre, le Wright Way Studio. Le producteur a réussi à pousser au maximum la qualité, réalisant un travail soigné où les coups distortionnés de la guitare en ressortent plus terrifiants, comme sur l’intro lente et douloureuse d’Atrocious By Nature.
Dying Fetus est réveillé et ça se sent. John Gallagher a réuni son meilleur line-up depuis
Destroy The Opposition, le trio s’en sort très bien et il semblerait que la collaboration opère à merveille. Et même si cela peut vous paraitre pauvre en nombre, la réputation live du fœtus mourant ne cesse de s’accroitre. Et nul ne doute que c’est sur ce terrain là que
Descend Into Depravity, le titre éponyme, prendra tout son sens avec une lourdeur pouvant assommer un bœuf.
En plus de faire un travail soigné esthétiquement, avec une pochette rappelant le comics de Frank Miller, Sin City, la bande de Maryland revient avec un album fort, plus qu’intéressant. La magie du fœtus s’opère de manière chirurgicale, le trio sait être à la hauteur et donne l’impression d’être plus solide que par le passé. Évitons seulement que les relations ne s’enveniment et que le groupe mise sur la stabilité.
Descend Into Depravity, un peu plus d’une demi-heure de pêches dans la gueule.