Perfect Strangers était l'album rêvé par une multitude de fans nostalgiques des albums In Rock ou
Machine Head, celui qui voyait la reformation du mythique Mark II de
Deep Purple. Certes, le groupe a changé, les musiciens ont vieilli et les performances ne sont plus les mêmes qu'au début des seventies, où
Ian Gillan impressionnait avec son chant mêlé de cris qui parvenaient à ne pas rendre l'ensemble dissonant, où
Ian Paice matraquait ses fûts avec un sens du groove génial, où Ritchie Blackmore, éminence noire, en imposait par ses soli.
Un groupe de légende qui revenait sur le devant de la scène. Et ? Et les antagonismes reprirent de plus belle entre Gillan et Blackmore, toujours cette relation de je-t'aime-moi-non-plus qui avait sclérosé une formation destinée à un avenir radieux.
The House Of Blue Light est le témoignage désolant de ces discordes.
Bien sûr, cela ne s'entend pas directement. Tout juste si l'on remarque que Blackmore tire toujours un peu trop la couverture à lui. Mais ce disque ne respire pas la quiétude, on n'y sent pas un esprit de groupe. Peut-être est-ce pour cela que
Jon Lord s'est écarté de la composition, laissant la majorité Gillan/Glover/Blackmore prendre le dessus et diriger le disque dans une direction bien déterminée, qui se veut moderne avec des synthés pimpants ? Mais
Deep Purple a le syndrome du groupe phare des '70 qui tente de s'imposer dans les '80. Il bride sa créativité pour sonner formaté et quand il tente de se fondre dans son époque totalement, il frise le ridicule, à l'instar d'un
Call Of The Wild mal nommé.
The House Of Blue Light peine à faire illusion. Pourtant, ça ne commence pas si mal que cela, avec un
Bad Attitude]] directement inspiré par Perfect Strangers dans l'utilisitation du clavier, suivi de près par un [i]The Unwritten Law sympathique à défaut de casser la baraque. Mais avec
Call Of The Wild, le rythme est cassé et le groupe aura du mal à se relever. Les morceaux se suivront et n'éveilleront que peu d'intérêt. Il faut attendre une nouvelle cassure musicale pour que l'intérêt soit à nouveau éveillé. En effet, le bluesy
Mitzie Dupree relève agréablement le niveau, avec une lenteur soigneusement étudiée, que le rapide et très
Rainbow Dead Or Alive vient appuyer.
Deux titres au début, deux titres à la fin. Et entre ? Du vent ? Pas beaucoup mieux en tout cas. Blackmore peine à se renouveler et à nous rappeler quel guitariste talentueux il est (était ?). Avec une section rythmique aux abonnés absents, cela ne décolle pas et pire, devient rapidement ennuyeux.
The House Of Blue Light est décevant pour un disque de
Deep Purple ; il montre un groupe qui s'enfonce dans la facilité et qui n'est pas serein. Ce ne sera pas étonnant pour les fans de l'époque d'apprendre que Gillan quittera à nouveau le groupe peu après. Et
Deep Purple de sombrer dans une parodie qui sera étrangement réussie... Enfin presque !