Arcana Coelestia est un des trois projets de MZ, artiste productif (et talentueux) de la scène Italienne. Alors je ne sais pas si pour vous l'Italie c'est au mieux le pays de
Rhapsody Of Fire (oui, le groupe de Hollywood Metal) au pire les derniers vainqueurs de la coupe du monde de foot, mais ce "
Le Mirage de L'idéal" va vous (réconcilier avec les Italiens) prouver que chez eux, on ne rigole pas forcément tous les jours...
Le Mirage de l'Idéal est un album magnifique (Ne tournons pas autour du pot). Le Black/Doom de MZ est tout simplement renversant de beauté et d'efficacité. Loin du style un peu Sabbathien de
Candlemass,
Arcana Coelestia est plus facilement assimilable à la scène DSBM tant la mélancolie et le mal être (mais le beau mal être, celui qui fait pleurer des larmes de joie et de tristesse à la fois) transpirent dans cette oeuvre. Les guitares sont très lourdes, les percussions extrêmement épurées, et les lignes de claviers, principales sources de mélodies, sont souvent au cœur des morceaux. Le mariage guitare/clavier fait des merveilles et le beau côtoie le néant avec douceur et poésie. Ça veut pas dire grand chose mais c'est très très agréable, croyez moi. De son coté, LS s'essaie à quelques très belles lignes de chants en voix claire en dehors de sa voix massive et haineuse. De plus, MZ ponctue ses morceaux assez efficacement avec des passages plus sombres qui permettent à "
Le Mirage de L'idéal" de ne pas être une espèce de bouillie de mélancolie caricaturale et ennuyeuse. On est loin d'en être là, croyez moi.
Toutefois, malgré le chant relativement varié (on a même deux/trois lignes de chant féminin en Opéra dans l'album, notamment au début de Tragedy & Delerium Part I) et les passages plus sombres, la patte de Arcana Coelesta reste malgré tout très très homogène, notamment dans la première partie de l'album. Ce n'est pas réellement un reproche, mais un auditeur non averti risquerait vite de se paumer et d'en arriver à penser que les trois premiers morceaux se ressemblent dangereusement. Difficile de tenir un auditeur dans une sorte de trense mélancolique pendant 25 minutes entières, et le groupe frôle presque (mais seulement "presque") le schéma "trop d'émotion tue l'émotion". Le groupe gagnerait peut être à varier sont style et à renouveler les quelques bonus toujours plaisants qu'on a déjà : je pense encore une fois à ces lignes de chants Opéra très bien amenées, ou encore Tragedy & Delerium Part II très "crescendo" (mouarf, c'est Italien ce mot non?), dépourvue de guitare au début, ou LS récite en voix claire un texte en italien avant d'embrayer sur son chant Black ; ou encore la fin du dernier morceau, au piano, derrière un bruit de pluie. Cela tue la monotonie, et plus de petites expérimentations de ce genre, astucieusement utilisées, sublimeraient le tout.
Mais je chipote bien sur. Car je le répète :
Le Mirage de L'idéal n'est pas un album ennuyeux. Juste un chouïa répétitif, à la première moitié. Mais les choses répétées sont des lignes mélodiques magnifiques et une ambiance lumineuse et triste à en pleurer, alors au lieu de nous plaindre, levons la tête vers le ciel, enfournons notre skeud dans la chaine, et profitons de ce son merveilleux en provenance d'Italie. Merci MZ !
Les Plus :
- L'ambiance lumineuse et mélancolique
- LS est bon chanteur
- Des passages plus sombres
- Les petites expérimentations
Les Moins :
- Un peu trop monotone au début