Six années se sont écoulées depuis que
Forefather – digne représentant de la scène païenne saxonne – dévoilait au grand jour son premier opus, « Engla Tocyme », qui laissait entrevoir un futur plutôt prometteur. Les deux Anglais sont donc de retour en cette belle année 2006 pour un nouvel album «
Ours Is The Kingdom », maintenant forts d'un son qui a gagné en punch et d'un regain d'énergie clairement audible (et d'une belle couverture). Alors que le combo nous avait surpris avec un Pagan Black metal planant qui sortait des sentiers battus, bien que parfois mal construit, on est en droit de se demander si les musiciens ont vraiment un potentiel qui vaille le détour ...
On ressent bien le poids des six années dans la musique du groupe, le son a évolué autant que les compositions. Les Anglais se tournent vers un Pagan metal plus racé, plus agressif que par le passé : exit les longs passages planant de l'album précédent, place aux riffs incisifs et aux rythmiques guerrières. Et si
Forefather perd un peu de son originalité, il gagne bien en énergie et en puissance à l'image du titre éponyme qui illustre parfaitement l'efficacité de la nouvelle recette. Cependant
Forefather garde certains aspects inaltérables de sa musique, comme ce chant lyrique qui, si il apporte un peu de couleur à l'album, n'est vraiment pas des plus savoureux.
Pour cet album, attendez vous à du bon et à du moins bon. Certaines compositions témoignent du talent évident des deux musiciens, cependant « Ours The Kingdom » ne vous tiendra pas en haleine tout du long car d'autres titres sont malheureusement très maladroits. On pourra établir une comparaison entre l'excellent « Wudugast » qui clôt l'album en beauté, et le bien fade « Smashed by Fate » pour qui un manque de relief sera fatal. Et si ce contraste est évident à l'écoute de l'opus, on ne sera pas déçu par des pièces telles que « The Golden Dragon », ou la facile mais pas moins prenante « Threads of Time ».
Vous dites que nos manières sont mauvaises ; cette graine démoniaque que nous semons ; pourtant notre sagesse est plus grande. [...] Le Royaume et notre ; vos enseignements n'ont aucune vérité, notre terre païenne règnera désormais.
- Extrait du morceau éponyme.
Au moins le message est clair ! Car c'est dans cette fièvre nostalgique d'une terre païenne - amorcée par des formations telles que
Falkenbach (entre autres, car c'est là l'essence même du Pagan metal) - que trouvent leur inspiration les deux musiciens anglais. Un sentiment qui se ressent bien dans la musique du groupe dominée par une voix claire distante et aux multiples échos.
«
Ours Is The Kingdom » se révèle donc un fort bon album qui renoue avec le passé médiéval de la Grande Bretagne remixé avec un brin de nostalgie et de romantisme. Ben oui c'est du Pagan bordel ! Laissez vous donc transporter par les marches guerrières et les mélodies enivrantes dont regorge l'album, et vous oublierez bien vite les mauvaises pistes. Pénétrez corps et âme dans une musique belle et authentique, qui respire l'amateurisme par moments mais qui ne manqueras pas de vous faire passer du bon temps.