Beyond The Legend est donc le second opus des (post)coreux de
Memories Of A Dead Man, et je m'attendais à écrire une chronique pas forcément très positive lors des premières écoutes du skeud. Lisez les lignes suivantes pour savoir pourquoi j'ai changé d'avis.
Memories Of A Dead Man, c'est du Sludge tout ce qu'il y a de plus pur : grosses guitares épaisses et écrasantes, mélodies teintées "Post Rock" en voix claire qui cohabitent avec des hurlements plus Hardcore, et quelques relents Doom/Death. Pas de fioriture ni de riff ultra mélodiques et accrocheurs, la prod est puissante et carrée, et l'album n'est pas facile d'accès. Lors des premières écoutes, on ne voit pas trop ou le groupe veut en venir et l'impression de "néant émotif" nous atteint assez vite pour être honnête, il faut un temps d'adaptation pour percevoir l'émotion désespérée du feeling indéniablement Rock (Post-Rock?) de
Memories Of A Dead Man, et, passé quelques écoutes, l'ambiance crépusculaire de
Beyond The Legend et sa douleur amère et triste se montre de plus en plus touchante.
Si on écoute l'album froidement (en mesurant imbécilement l'originalité des riff, la fraicheur des mélodies ou la personnalité du groupe) au lieu de se laisser porter par l'émotion qu'il dégage, il est impossible de comprendre l'univers (même si le mot est un peu trop grand, ne nous le cachons pas, pour
Memories Of A Dead Man à cette étape de leur carrière) de
Beyond The Legend. Cette mélancolie bouledanslagorgesque ne s'apprivoise pas facilement et, si elle n'atteint pas non plus le degré de tristesse des plus grands noms du genre, elle reste quand même amplement suffisante pour permettre à
Memories Of A Dead Man d'avoir une chronique positive sur Metalship (et ça, c'est la plus belle des récompenses pas vrai?)
Toutefois.
Et oui, je vais pas être gentil tout le temps non plus.
Toutefois donc,
Beyond The Legend est un poil trop long.
Beyond The Legend est un poil trop homogène dans son style.
Beyond The Legend est un poil trop ennuyeux. 12 morceaux pour presque une heure de musique, c'est pas ce qu'il y a de plus long (même si le format moyen dans le Metal c'est 45 min), mais on a parfois l'impression que le groupe se répète un peu, d'où cette impression de lassitude qui nous prend par moment. On sent parfois que le groupe réitère les mêmes formules au fil des morceaux (d'autant plus que l'émotion mélancolique est toujours la même, sur une heure, ça peut faire beaucoup), et, si ce détail idiot du grand chippoteur que je suis ne perturbe pas trop les écoutes, cela reste une petite tâche (tâchounette disons) que le groupe devra à mon humble avis corriger par la suite. Mais étant donné que les morceaux sont tous de qualités, on ne va pas trop se plaindre.
Reste un album réellement intéressant, et surtout extrêmement prometteur quant à la suite de la carrière de MOADM, que je recommande à tous les amateurs de Sludge, de Post Rock, et plus généralement, à ceux qui savent apprécier la musique mélancolique.
Et puis la pochette tue en plus.
Les Plus :
- L'ambiance crépusculairo-mélancolique bien faite
- Feeling Rock/Post Rock des plus agréables
- L'album est bien rythmé (des pauses en voix claires, des passages calmes, des énervements, etc...)
(- La pochette est belle !)
Les Moins :
- Quelques longueurs selon l'humeur