Après deux demos et un EP,
Judas Iscariot sort son premier album The Cold
Earth Slept Below.
Ce groupe est très vite devenu culte, mais ce n'est sans doute pas grâce à ce premier album…
Venons en aux faits…
Le groupe, sans concession, nous plonge directement, sans intro, dans son Black Metal cru et cradingue, avec un son proche des premiers
DarkThrone. Mais, on est très loin d’un Black Metal ultra rapide, ici les compositions sont d’une simplicité enfantine, le chanteur tente de cracher sa haine, mais on a l’impression qu’il va s’endormir. Il n’arrive pas vraiment à convaincre que sa haine est réelle… Et on risque fort de s’endormir avec lui, c’est bien le pire…
Ce n’est que quand arrive la deuxième piste qu’on peut ressentir un petit quelque chose… Le tempo s’accélère sauvagement, le chant devient haineux pour de vrai, enfin on a l’impression… Mais ce morceau ne dure que 26 secondes, comme dans le grind, un morceau à fond les manettes, très court, mais violent…
Après, on retombe vite dans la froideur glaciale de
Judas Iscariot, tellement glaciale d'ailleurs, que les musiciens ont l’air gelés. Bon, il y a par-ci par-là quelques riffs sympathiques, comme le riff principal de Babylon, mais ça ne suffit pas à faire monter la mayonnaise…
Avec le titre éponyme, on ressent un peu plus de hargne, mais tout reste relatif. Les rythmes sont plus proche du Doom que du Black, sans pour autant faire dans le Black Doom… On peut éventuellement faire le rapprochement avec certaines compos de
Mütiilation, ou certains truc de
Horna, mais n’abusons pas…
En plus de ne pas être transcendant,
Judas Iscariot ne propose rien de nouveau. Car à la limite, il y a des groupes qui font du Black, sans rien inventer, mais qui ont un certain feeling qui nous transporte un temps soit peu. Ici, pas la moindre émotion, ni la peur ni la haine ne se fait clairement ressentir, c’est pourtant la moindre des choses pour un groupe de Black Metal. Un effort est pourtant fait sur Reign, mais ça n’a pas vraiment la portée que ça devrait avoir… Il est difficile de ne pas rester de marbre, même avec la meilleure volonté du monde. On ne ressent pourtant que de la stérilité dans un style qui aura du mal à évoluer si
Judas Iscariot ne se fout pas un petit coup de pied au cul pour ne pas finir aux oubliettes.
Un morceau intitulé Nietzsche lui rendant certainement hommage permet de clôturer ce premier album, mais le pauvre doit se retourner dans sa tombe face à ce manque de bestialité, cette stagnation, à des années lumières d’un Wagner, pourtant son artiste favori.
On comprend mal comment ce groupe américain a pu se hisser au statut de groupe culte avec un premier album aussi peu varié, aussi peu original. Et je ne parle pas du son, qui répond sans doute à un esthétique « trve ». Mais avec une meilleure production, on pourrait sans doute décoller un peu…
On l’aura compris, ce disque est largement dispensable, un manque d’originalité, un manque de conviction dans la musique elle-même, bref, rien de vraiment transcendant pour le monde du Black Metal. En revanche, cet album ravira sans doute les amateurs de Trve Black Underground, avec un son très crade, une production minimaliste, un nihilisme évident, etc.
Mais les autres, vous pouvez passez votre chemin sans avoir l’impression de passer à côté d’un monument du Black Metal, croyez-le !