Retour aux sources... Voilà une expression quasi magique pour les fans hardcore d'un groupe. Pourtant, un retour aux sources n'est pas toujours une bonne chose. Notamment pour
Danzig, qui veut revenir à ses débuts, occultant ainsi son passé indus,dommage quand on a un ex membre de
Prong à la guitare... Alors, retour aux sources, succès, plantage? Arrête de trembler de peur devant ton écran, ami lecteur, car la réponse arrive bientôt, et elle est un peu triste.
Eh oui, car il est assez raté, ce
Circle Of Snakes. Le retour aux sources annoncé a lieu, oui, ça sonne plus Heavy Doom, mais c'est pas réussi. Car il y a le retour aux sources où l'on revient aux racines, en apportant quelque chose de nouveau, et celui où on copie tristement ce qui a déjà été fait. Pour
Circle Of Snakes c'est le cas. Déjà que le
Danzig des débuts puait
Black Sabbath, mais quand en plus
Danzig commence à parodier
Danzig, excusez moi l'expression, mais ça commence à craindre du cul.
Circle Of Snakes (la chanson) ressemble à s'y méprendre à Twist Of Cain, et Black Angel, White Angel rappelle aussi furieusement les débuts de l'ami Glenn. Alors, ça risque de plaire aux fanboys, coincés à l'époque bénie de l'EP Thrall-Demonsweatlive. Mais celui qui veut du consistant à se mettre sous la dent... Bon, soyons juste, 1000 Devils Reign se démarque, enfin du punch, mais encore une fois, ça rappelle Mother. Du déjà vu, hélas.
Le problème c'est que quand il ne s'autopompe pas, c'est froid et chiant. Mou, sans ambiance réelle, sans différencier une chanson de l'autre. La deuxième moitié de l'album est assez déprimante, les pistes passent et se ressemble. Et l'auditeur aboie de désespoir. Un peu de feeling, ou d'énergie plus indus, tout plutôt que ce Doom trop bâtard qui ne sait pas où il va. Surtout que la guitare semble être tout le temps la même, et la batterie est chiante au possible. On aurait espéré se rattraper avec la voix, mais rien à voir avec les débuts, cette fois-ci. Exit la puissance, on retrouve à peine ce timbre si particulier de l'Evil Elvis...
Bon, à sa décharge, il assume et nous sort ses compos, totalement décalés avec ce qui se faisait à l'époque. Les fans de metalcore ou de neo peuvent aller se rhabiller, Glenn
Danzig semble ignorer superbement ce qui s'est fait en Scandinavie depuis une petite vingtaine d'année, pour servir du bon vieux métal à la sauce US. Fidèle à lui même, d'ailleurs la madame de l'artwork, avec les gros nénés et la tête bizarre, le rappelle: une fille...généreusement dotée par la nature, une ambiance "dark"...On est chez
Danzig.
Avec ce skeud, on a l'impression d'être face à un petit vieux. Ce qu'il raconte, c'est toujours la même chose, ça n'a plus trop de sens, mais on est content qu'il soit toujours vivant. "Ah, l'a pas changé le vieux Glenn ! Toujours übermusclé, toujours dans son délire, mais plus trop alerte !" Si vous avez aimé les premiers albums, ou les Misfits, jetez vous dessus, ou sur Blackacidevil, et lancez des pierres sur ceux qui disent que
Circle Of Snakes, c'est le meilleur album de
Danzig depuis Lucifuge. Je vous fourni les cailloux gratuitement si vous voulez.