Le thrash metal est une part importante de la scène heavy metal. Depuis son intronisation dans les moeures au milieu des années 80, de nombreux groupes se sont laissés, à leur façon, emporter par cette vague. Le big four
Slayer,
Anthrax,
Megadeth et
Metallica sur le continent américain, à la Bay Area plus précisément, et aussi, le big three teuton,
Kreator,
Sodom et
Tankard, ont popularisé ce genre …
En 1986, l’attaque de
Master Of Puppets sur le continent américain avait déferlé un mouvement des foules. Tout le monde adorait
Metallica, et le
Reign In Blood de
Slayer avait lui raflé sa part du gâteau avec une musique extrême, terriblement malsaine et diabolique. Mais on en attendait pas moins sur le vieux continent.
Sodom décide de laisser tomber les amplis en boite à chaussures avec un magnétophone soviétique sur l’inaudible « Victim Of Death » et à leur tour, nous ensorcèle d’un thrash metal enivrant et cataclysmique. L’introduction de « Deathlike Silence » est d’ailleurs terrifiante, avec une
incantation sous une orgue du clergé.
Les allemands de l’ouest délivrent là, une bien meilleure performance que sur leur démo précédente. La production a le don d’être typique des années 80, le son a des allures plus live et plus direct, à l’ancienne. Mené par leur chanteur et bassiste, Tom Angelripper, Wulf, Christophers et Witchhunter sèment une musique primitive, bien plus sombre et enfouie que ce que
Metallica ait pu faire avec Master. Des relents black metal sont d’ailleurs bien percevables,
Mayhem aura l’occasion d’avouer à plusieurs reprises que cet album les a fortement inspirés. « Brandish The Scepter » est d’ailleurs parmi ce genre d’inspiration vive et sauvage, inspirant la froideur et la noirceur d’
Obsessed By Cruelty.
La batterie est d’une omniprésence incroyable, les caisses claires sont claquantes, elles retentissent tel un coup de fouet. Les inspirations des guitaristes sont tant qu’à elles, diverses et bien ficelées, parfois un peu trop conventionnelles, mais que voulez-vous, on ne chope pas 23 ans d’un coup ! Et ça, on ne pourra pas l’enlever à
Sodom. Une carrière assez incroyable, un groupe qui n’a plus rien à prouver maintenant. Mais avant, les rythmiques psychotiques de Proselytism Real déchainaient les foules.
Si vous êtes un fan inconditionnel de découverte, ce premier album de
Sodom attendrira vos oreilles par son côté old school prononcé, le chant et la production étant l’une des causes de cet effet. A l’époque,
Sodom allait encore travailler pour renforcer son côté maléfique et esquisser les pièces de la musique extrême.
Obsessed By Cruelty est un album mariant le thrash metal, en vogue à l’époque, à des timides touches d’une vague black metal se popularisant quelques années plus tard. Le potentiel sera aperçu et vite, les allemands se tailleront un nom aux côtés de leur confrères de
Kreator.