Après leur second album, Kainsmal, passé plutôt inaperçu mais ô combien bon, les Allemands de
Geïst reviennent avec Galeere, leur troisième opus, qui risque fort de les faire sortir de l’ombre…
On peut d’abord remarquer un magnifique artwork très sombre, représentant un navire dans la tempête. Le concept de l’album tourne effectivement autour de la mer.
Dès les premières notes, l’ambiance est oppressante et on arrive peu à peu dans un Black Metal à tendance mélodique très raffiné.
Le groupe aime changer de tempo pour surprendre l’auditeur et lui proposer un univers qui lui est propre. Ces changements de tempo permettent de poser des passages plus atmosphériques et ainsi accentuer les sentiments tourmentés qui se dégagent de la musique de
Geïst.
On pourra aussi faire un parallèle avec la musique de Farsot, un autre groupe allemand proposant un Black Metal froid et mélodique.
Dans certains morceaux de
Geïst, on peut sentir des éléments empruntés au Dark Ambiant, ou encore au Doom/Death, mais les sonorités qui s’en dégagent principalement puisent dans un registre plus Black. Certains passages sont très lourds, avec des accords assommants, comme sur Galeere par exemple, qui est assez représentatif de l’album.
Bien que l’œuvre soit en partie mélodique, la furie est quand même présente, notamment dans des vocaux typiquement Black et des guitares qui accélèrent d’un coup pour ensuite revenir à des atmosphères plus calmes, plus progressives. Car oui, « progressif » est un des maîtres mots de cet album. Notons aussi que ce qui vient ajouter au côté « prog » de ce disque est sa durée d’environ cinquante minutes pour seulement cinq morceaux, soit en moyenne une durée de dix minutes par pistes. Mais pour autant, les morceaux passent plutôt bien et on ne stagne pas dans un riff qui tourne en permanence, non, ici, un véritable travail sur les mélodies à été fait. Evidemment on est loin de la tendance Death Mélodique actuelle qui n’a rien à voir. Quand je parle de mélodie ici, il faut vraiment s’imaginer un Black Metal ou viennent se greffer des parties de guitares imaginatives et évolutives.
L’intrusion d’éléments folks assez discrets mais bien utilisés vient ajouter une touche mélancolique et « maritime » à l’ensemble. Ces éléments folks rappellent vaguement les musiques de bords de mer assez tristes. Le dernier morceau, Unter Toten Kapitänen serait le parfait exemple pour illustrer mes propos. Ce titre est sans aucun doute un moment fort de l’album pour ne pas dire le titre phare. De plus, son outro conclut en beauté ce nouvel album, très travaillé, aux ambiances parfois très sombre, sans jamais tomber dans la parodie du Metal dépressif.
Un très bon nouvel album donc pour les Allemands de
Geïst, et même s’il ne transcendera pas le style sera sans doute très apprécié par les fans du genre. Les mélodies très travaillées sont le point fort de cet album qui, de plus bénéficie d’un son irréprochable, bien qu’on aimerait entendre un peu plus la basse par moments… Attendons de voir ce que le groupe donne en concert, mais souhaitons leur une reconnaissance à la hauteur de leurs talents.