Biohazard est né en 1987 dans les bas quartiers de Brooklyn avec à sa tête Evan Seinfeld, d’origine juive ashkénaze. Même si il n’arborait pas encore une musculature impressionnante et une multitude de tatouage sur le corps, le leadeur de la formation avait dans son ambition de percer dans la musique à cracher la misère sociale et les inégalités des chances dans la ville qu’il l’a vu grandir dans la veine de
Cro-Mags ou
Agnostic Front.
Après une première démo en compagnie de son premier batteur, Anthony Meo, le groupe est qualifié de fasciste et profanant la suprématie blanche, ce que le groupe se défendit suivant les origines de chacun. Deux années après la première démo, Meo quitte le groupe, c’est donc l’arrivée de l’actuel batteur, Danny Schuler.
Avant de pouvoir assouvir leurs ambitions, les new yorkais se voient confrontés à un nombre impressionnant de refus de jouer des concerts. Les patrons pensaient que le combo était trop violent et que cela allait dégénérer. Puis, c’est la consécration,
Biohazard parvient à participer à la première partie de Mucky Pup en jouant quelques titres. Tout s’enchaine avec un petit contrat chez Maze Record et vient alors le premier album du combo sobrement nommé «
Biohazard ».
Avec cet opus, les sujets principaux qui caractériseront le groupe tout au long de leur carrière, que ce soit avec le marquant
Urban Discipline à
Means to an End, sont présents : guerres des gangs, drogues et violences.
Par contre, musicalement, la machine est chaude mais peine à démarrer. Certainement dû à cette production fade et creuse, sans réel âme, ni conviction.
Biohazard était encore un groupe très encré dans un hardcore rural, très inspiré du punk dans la rythmique. On parviendra à définir réellement le groupe sur
Urban Discipline, avec du crossover, c'est-à-dire en incorporant des éléments thrash, surtout dans les guitares. Certains morceaux, comme
Victory ou Wrong Side Of The Tracks, garderont leurs places au sein de la set list des new yorkais au fil des années. Pour cause, les titres sont nettement au dessus du lot, ressortant une hargne et une énergie communicative.
Le duo vocal entre Billy Graziadei, au registre plus aigu dans un esprit punk, et Evan Seinfeld, n’ayant pas encore un chant totalement rauque et chaud à la bordure du hip hop, déborde d’inventivité, sauf qu’il se lance de manière trop approximative. L’envie de bien faire est là mais
Biohazard n’est qu’un simple groupe parmi tant d’autres dans le paysage NYHC.
Bobby Hambel est également moins présent, ses soli ont moins impactes, si le guitariste est au summum de son art sur
State Of The World Address, il est au minimum de son inspiration ici. Hold My Own reste la meilleure preuve de son niveau de l’époque, Skinny Song ou
Pain montrent la mauvaise face de son jeu. Suite à ça, Bobby se spécialisera dans la manipulation de la pédale wah-wah, cartonnant le tout avec son groove.
Vous l’aurez vite compris, «
Biohazard » est un premier album sincère, mais peu frappant. Mais il a été aussi très mal distribué par son label à l’époque, ce qui n’empêchera pas le groupe de signer chez Roadrunner Records en 1992. Le succès arrivera avec la sortie du reconnu
Urban Discipline, où Punishment déferlera sur les ondes avec un son plus vif et incisif.