Quoi qu’on en dise,
KoRn restera une pièce maitresse de la scène metal des années 90. Le groupe étant au premier plan médiatique, tout cela fini par leur monter à la tête et musicalement, cela se ressentait.
Follow The Leader montrait des signes de faiblesse, l’évolution du groupe avait le goût un peu trop prononcé de rap et le mécontentement se fit vite comprendre. La cassure musicale de
KoRn arrive après Issues qui sera leur dernier gros coup. Mais quel coup !
Monsieur Davis et sa bande décide pour ce nouvel opus de démarrer calmement mais sûrement avec « Dead » et ses cornemuses. L’intro est atmosphérique, on a l’impression d’être entré dans un monde flou et flottant, où notre corps se laisse emporter. Puis survient rapidement, le single de l’album, « Falling Away From Me », certainement l’un des titres le plus vendu et connu de
Korn. Mais l’ambiance se ternie, devient sombre sous le coup de tonnerre de Trash. Les vocaux de Davis sont sensibles, tel un écorché vif, il crache son venin de la plus belle des manières. L’inspiration vive de
Korn est de nouveau mise en avant, le thème est une nouvelle fois enfantin mais terriblement frappant. C’est ce qui d’ailleurs fera la renommée de
KoRn dans les années 90.
On est également obligé de se rendre compte du talent du groupe avec l’énorme « Make Me Bad ». La production de cette opus est énorme, limpide, très nette sur les coups de basse de Fieldy, également distinguée sous les sept-cordes de
Head et Munky. L’atmosphère est retranscrite de manière nette et précise, Brendan O' Brien (Pearl Jam, Stone Temple Pilots, RATM) peut se féliciter d’un tel travail.
L’ambiance prend une part importante d’Issues, il n’y a pas moins de quatre interludes. On entre dans le plus profond de
Korn pour en ressortir déboussolé. L’achèvement de nos molécules se passe lors du groovy et dérangé Wake Up. Ce genre de titre n’aurait pas été possible sur
Follow The Leader. L’album était pourtant réussi, mais il manquait ce grain de folie. C’est pourquoi on ne retrouve pas ces parties rap, qui semblaient troubler les fans, alors que
KoRn prêche ses influences chez le rap américain. Les fans sont parfois compliqués.
Issues regorge de mélodies destructrices, d’atmosphères tordantes, et si il ne suffisait pas de citer Hey Dady dans les chansons à écouter principalement,
KoRn réussi à redorer son blason avec son neo metal. Même si les membres de
Korn n’aiment pas que l’on utilise ce terme, il faut quand même se dire que c’est à cause d’eux (grâce ?) que la vague américaine (
Linkin Park,
Limp Bizkit) a percé vers les ondes. Seulement Issues est un album du grand
KoRn, avant un Untouchables fragile, et la décente aux enfers avec Take A Look …
Souvenez vous des années 90 !