Prometteur, ce disque éponyme de Between the Buried and Me fixera leur style si particulier pour les albums à venir, mélange d’influences de tous horizons, du black grommeleur au funk, en passant par le death et le hardcore. Un style unique totalement indescriptible, laissant sur la déroute le pauvre chroniqueur désarmé voulant s’attaquer à ce pavé du métal américain.
Ayant découvert le groupe grâce à
Alaskaet
The Silent Circus, j’ai été déçu par cette mouture, pas assez aboutie musicalement, au son trop rêche et pas suffisamment travaillé. Et pourtant cet opus place déjà la barre très haut pour un premier album, au regard de la jeunesse des membres du groupe ! Les riffs, bien qu’encore simplistes et n’exploitant pas le potentiel mélodique du groupe, sont précis et régulièrement entrecoupés de changements de rythme. On pourrait d’ailleurs définir BTBAM par cette multitude de ruptures, hachant sans scrupules les morceaux, ne les laissant jamais tranquilles plus de vingt secondes, passant d’un son typiquement hardcore/metalcore à une transition mélodique sur chant clair de toute beauté. On n’est pas arrivé à terme des 6 min 50 de « More of Myself to Kill », titre ouvrant les hostilités, qu’on a déjà l’impression d’avoir entendu 5 pistes différentes. Ces douces petites mélopées, soutenues par le magnifique chant clair de
Tommy Rogers et régulièrement parsemées dans l’album, rythment la lecture et préviennent l’auditeur d’un ennui qui aurait été inévitable.
Au final, malgré que l’ensemble soit encore trop difficile à avaler et que la voix death ait du mal à me charmer, ce premier album promet un excellent avenir à nos californiens, notamment pour ce qui est des envolées d’arpèges au sein même des riffs basiques, comme dans « Naked by the Computer ». A écouter !