The Scarecrow (l'épouvantail) porte bien son nom ; il en aura effrayé plus d'un. Alors c'est vrai Tobias Sammet est un énergumène à part sur la scène metal, souvent controversé, il faut le voir en live ; donnant parfois l'impression d'assister à une compétition de gymnastique tant ses grands écarts sont parfaits. Grand écart encore avec ce nouvel opus d'
Avantasia. On a connu Avnatasia très symphonique, emballé, avec
The Metal Opera Part I, brut et énervé avec
The Metal Opera Part II, ce dernier album du groupe (qui n'en est pas vraiment un .. de groupe) nous surprend encore. C'est vrai qu'on peut regretté les grands élans symphoniques du premier volet, album qui semble-t-il a su mettre tout le monde d'accord. Ce qui n'est vraiment pas le cas de
The Scarecrow. Difficile pour moi d'écrire une chronique objective, penchant sensiblement d'un côté de la barrière.
Album tout simplement trippant, qui possède quelques défauts mais qui dans l'ensemble montre encore un fois les talents créatifs de son auteur, à l'aise dans de multiples registres. On commence donc avec un premier morceau (
Twisted Mind - 9.5) comme je les aime. Difficile de trouver un point faible à de telles compositions, Tobias sait véritablement écrire pour les autres, et Roy Khan se fait livrer une partition comme il les aime. Le morceau alterne les passages rythmés et les passages lents avec efficacité, un son titanesque se dégage de l'album et on reconnaitra sans problème le phénoménal travail de Sasha Peith, très présent. On enchaine avec un second morceau tout aussi efficace,
The Scarecrow (9.7), et là, difficile de ne pas succomber à la voix imposante de Jorn Lande qui s'approprie le titre et le transcende. Une orchestration splendide, merci encore Sacha. On se voit mal ne pas apprécier l'album qui aurait presque pu s'arrêter là ... non on en veut encore !
Shelter from the Rain (7.9) ne nous surprend pas mais impose un rythme, il faut dire que Micheal Kiske a du mal à nous épaté après l'impressionnant Jorn. Un morceau qui plait tout de même, le plus speed de l'album, on y retrouve un peu du son et de la magie des premiers opus, c'est ça aussi
Avantasia.
Arrive
Carry Me Over(7), morceau problématique, morceau qui à lui tout seul résume assez bien le cas de conscience que peu représenter l'album. Un morceau, comme on dit, très FM, taillé pour plaire mais qui ne se montre pas très original. Malgré tout c'est un titre qui me plait bien, si tant est qu'on se s'offusque pas des répétitions. Il est simple et efficace mais c'est vrai Toby nous a habitué à mieux.
What Kind of Love(9.2) suit simplement, mais simplement magnifique. Puis c'est au tour de Jorn de revenir dans "Another Angel
Down", (9.8) le meilleur morceau de l'album à mes yeux, très
Edguy, bourré d'énergie et d'une ligne de chant implacable. Un duo de chanteur au sommet de leur art.
Encore une chanson ou les avis risquent de diverger,
The Toy Master (7.5). Bon et bien moi, j'adhère toujours pas à
Alice Cooper. Une molesse comme on en fait peu, et je trouve cela dommage. Je risque sûrement de m'attirer les foudres des fans, mais que voulez-vous ? J'aime les chanteur qui envoie la sauce ... J'ai quand même écouté le titre chanté uniquement par Sammet et je me suis pris à préféré la version
Alice Cooper. Preuve encore une fois que Tobias sait écrire pour les autres. Malgré mon aversion pour ce chanteur, je ne peux m'empêcher de penser que le titre mérite tout de même d'être écouté ... le reste du morceau est génial ;)
Devil In The Belfrey (9.2) déboule à toute vitesse juste derrière pour nous faire oublié ces errances. Efficace, difficile de trouver des défauts tant j'adhère totalement. Puis vient le tour d'un nouveau morceau calme, le sympathique
Cry just a little(7) ne nous convainc que tout juste, mais reste un beau morceau.
I don't Believe in your Love(9) et son refrain à la section rythmique étrange ranime la petite flamme dans nos yeux. On est content de trouver sur un album qui s'annonçait comme un cadeau empoisonné et très FM pas moins de 7 morceaux METAL sur 11l. Pas mal quand même ...
Puis le tube, ou ce qui semble dessiné pour l'être,
Lost in Space(7.5) clot le tout sur une nouvelle note très radio-écoutable. Mais que devons nous jugeons ? Le fait qu'un morceau soit speed, soit "heavy powa" ? Ou qu'il fonctionne comme son compositeur le voulait ? Je dois avouer qu'en tant qu'amateur de metal plus speed, plus envolé, ce type de titre me laisse un arrière goût. Mais je ne peux qu'applaudir l'efficacité de l'écriture de Tobias dans chacun des genres qu'il a visité !! Et c'est cela qui ressort le plus de cet album ... C'est véritablement un album qui permet à des non-initiés, des septiques du metal de se plonger en douceur et en force dans le genre.
Alors en faisant ma petite moyenne des titres, je me retrouve à 8.5 (8.48 pour les pointilleux), mais je rajouterais sans problème un point supplémentaire pour saluer l'incroyable talent, l'incroyable capacité d'adaptation, de composition, de création d'un artiste qui n'a plus rien à prouver à seulement 31 ans.