The Great Southern Trendkill est certainement l’un des albums les plus négatifs, si ce n’est le plus, de la discographie des texans. Il marque le début d’une rupture entre son chanteur, Phil Anselmo, éprouvant alors à ce moment là une addiction pour l’héroïne, et le reste du groupe.
Pourtant, tout n’allait pas si mal chez
Pantera.
Cowboys From Hell fût un grand commencement,
Vulgar Display Of Power avait su monter la barre encore plus haut,
Far Beyond Driven dégagé une violence jamais vu chez les texans et tout cela ajouté à des tournées incessantes avec les plus grands (
Metallica,
AC/DC,
Slayer,
Iron Maiden,
Black Sabbath en tête).
Mais voilà, à force de trop tourner, la tension a débarquée. Phil Anselmo a commencé à consommer de l’héroïne car ses médecins lui avaient diagnostiqué des problèmes de dos, et qu’il lui faudrait un an minimum de repos, ce que le frontman ne fit pas. Il a commencé à s’éloigner peu à peu du groupe et le résultat vit, beigne dans cette ambiance de malaise, de douleur et de rancune. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard s’il a d’ailleurs enregistré ses parties dans l’antre de Trent Raznor (
Nine Inch Nails), le Nothing studio, à la Nouvelle Orléans. Tandis que le reste de la bande était restée à Dallas, dans le QG de
Pantera.
Les textes sont au même degré que l’esprit d’Anselmo à ce moment précis. Ca parle de drogues, de suicide, de mal être et tout cela se ressent dans l’ambiance du disque. Vous pourrez vous-même vous en apercevoir sur le dramatique Floods, où la voix du chanteur est poignante, comme l’est d’autant plus l’extraordinaire Dimeabag Darrell. Le solo du titre a été élu 15e dans le magazine spécialisé Guitar World … Mais ça, c’est une très belle partie de ce qui vous attends.
Et si ce malaise n’était pas une bonne chose pour la musique de
Pantera ?
D’un point de vu musical, si. Oui, car quand la musique de
Pantera se trempe à une production aussi coulante et aussi douloureuse, signée par l’éternel Terry Date et Vinnie Paul, dégageant une telle émotion, on ne peut qu’en redemander.
Le morceau éponyme va dans cette voie. Une violence à vous en faire arracher les cheveux, jamais Anselmo n’aura montré autant de haine auparavant, la section rythmique de Vinnie et de Rex n’en oublie pas de servir sa sauce groove sous les inspirations géniales de Dimebag. L’esprit sudiste ressortant de la guitare du texan se mari avec brio sous ce déluge enflammé.
Avec Floods, Suicide Note Pt. aura raflé sa part du gâteau. Divisé en deux parties, le morceau réuni une ballade dont seul
Pantera connait le secret, où Dime se permet de sortir ses douze cordes. Le timbre vocal de Phil est profond, appliqué et retournant. La deuxième partie est, quant à elle, à l’opposer de son prédécesseur. Les tempos se sont accélérés, Phil braille comme un décérébré et le reste de la troupe fonce à la manière d’un Fucking Hostile.
The Great Southern Trendkill a beaucoup de chose à dire.
Pantera continue, dans la haine et la rancœur, son parcours étincelant en enchainant maintes et maintes tournées. Tournées qui conduiront l’ami Phil aux urgences, après une overdose à la came. L’illustre frontman résistera, bien que son cœur se soit arrêté 5 minutes, et sous la stupéfaction du reste de la bande, provoquera une dispute au sein des
Cowboys From Hell.