Ozzy Osbourne, en 2007, c'est quelqu'un qui est devenu l'une des risées du monde du metal de par The Osbournes, la série de real TV de MTV où l'on voit notre Ozzy international sucrer gentiment des fraises dans une famille toute aussi frapadingue que lui. Triste image de ce chanteur qui ne donnait pas beaucoup de motifs de satisfaction depuis plus d'une décennie :
Ozzmosis n'a pas été franchement soutenu par les fans de l'ancien
Black Sabbath,
Down To Earth était tout simplement mauvais,
Under Cover fleurait mauvais, style un couloir d'hôpital où l'on abandonne les malades condamnés à leurs familles. Pour tout dire, on aurait même pitié du chanteur qui semble payer cher toutes ses addictions passées.
Puis un album est annoncé, précédé par le single I Don't Wanna Stop. Et là, on tend l'oreille. Ce n'est pas forcément un titre énergique. Ce n'est pas forcément super bien foutu, on sent que la voix d'Ozzy n'est pas très naturelle dessus, mais bordel ! que la guitare est grasse ! Un riff bien heavy et coulant orchestré par
Zakk Wilde, un son identifiable entre mille : on croirait presque du
Black Label Society ! Du coup, à moins que ce soit de la poudre aux yeux, l'album prend subitement une certaine aura. On se prend même à espérer tomber sur une bombe.
Finalement, ce n'est pas une bombe, mais un bon gros pétard, le style à vous arracher la main si vous ne faîtes pas attention en le manipulant. Le riff gras et pesant du single était un simple aperçu de ce que l'on trouve sur ce
Black Rain (allusion au pétrole, la pochette vous aura directement mis la puce à l'oreille). Et l'impression de mollesse est en définitive bien là. Certes, l'ensemble sonne heavy. C'est certainement l'album d'Ozzy le plus heavy depuis
No More Tears (1991). Certes la guitare se paye la part du lion, Ozzy ayant lâché la bride qui retenait Wilde à la composition. Mais ce disque ne dégage aucune sensation d'énergie, excepté une fois, sur le remuant 11 Silver (le meilleur morceau de l'opus, surpassant les autres de la tête et des épaules). On passera rapidement sur les deux ballades que le chanteur aurait déjà pu faire dans les années 80, banales voire un brin sirupeuses pour s'intéresser à des compositions comme
Black Rain ou The Almighty Dollar qui ne tiennent pas toutes leurs promesses. Il manque une certaine dose de punch, voire d'idées. L'ensemble devient linéaire, le chant n'est pas aussi radical et impérial qu'il ne devrait l'être (Ozzy est malade et souffre en plus d'une perte d'audition, on peut lui trouver quelques excuses de ce côté là). Mais on ne retrouve pas cette étincelle, cette pêche qui rendaient les deux premiers efforts solo d'Osbourne indispensables. On peut éprouver du plaisir à l'écoute de ce disque gras mais pépère, on peut sourire en pensant qu'Ozzy retrouve des couleurs, mais on est assez loin du chef d'oeuvre annoncé.
Malgré tout,
Black Rain représente un certain mieux. Sans être génial ou forcément très inspiré, on retrouve le Madman dans un registre heavy et rien que ça, c'est un motif de satisfaction. Qu'on lui redonne le grain de folie qui le caractérisait jadis et on aura peut-être un très grand album dans le futur. Pour l'instant, autant se contenter de ce disque honnête, un bol d'air frais après des années d'errance artistiques.
P.S : Pour répondre au sous-titre : si, un film de Ridley Scott bien sympa en plus.